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Tanzanie - Dar Es Salaam


de Africatrip, 24-08-2006

En Tanzanie


Dimanche 13 août 2006, 22354 kms
Aujourd’hui à mon tour d’écrire le journal m’a dit Bertrand. Je ne me considère pourtant pas encore comme une membre à part entière de l’Africatrip… Honneur ou simple déchargement ? Un peu des 2 sûrement. Mais finalement je suis plutôt chanceuse car aujourd’hui est un grand jour : direction les Victoria Falls! Nous sommes tous les 3 ravis de les découvrir, nous qui pensions les visiter hier… eh oui à cause du passage de frontière Namibie- Zambie plus long et compliqué que prévu (disons plus « africain »), il nous avait fallu décaler la visite. Nous embarquons donc dans le Déf vers 9h à 4, Baptiste nous ayant rejoints pour le trajet de quelques kilomètres. Bertrand et moi à l’arrière du Déf, ça passe !
A notre arrivée sur le site, nous sommes accueillis par les « baboons », ces singes à l’air menaçant qui adorent la nourriture et peuvent attaquer s’ils sont en groupe. Là ils n’ont pas l’air trop méchant. On paie les fees et nous tombons tout de suite après l’entrée sur une statue de David Livingstone, qui a découvert les Falls vers 1850 et leur donna ce nom en l’honneur de la reine britannique Victoria.
Juste après la statue (auprès de laquelle nous ne nous sommes pas vraiment attardés…), vue époustouflante. Les Victoria Falls, c’est un lieu mythique à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe, une des 7 merveilles (naturelles) du monde.
A vous de deviner les 6 autres… d’après un guide trouvé dans notre backpacker il s’agit du Mont Everest, du Grand Canyon aux Etats-Unis, de la grande barrière de corail en Australie, des « Northern Lights », du Paricutin Volcano au Mexique, et du port de Rio de Janeiro. Je suis assez sceptique quant à cette liste, moi qui pensais que les jardins de Babylone et le phare d’Alexandrie en faisaient partie…
Bref, les Victoria Falls, c’est 1,7 km de largeur, 100m de hauteur, un débit d’1 million de litres à la seconde et une énorme fumée blanche due à ce puissant débit visible à 50 km quand elles sont au maximum de leur capacité. Plus grandes que les chutes du Niagara les « Vic Falls ». En ce moment nous sommes en saison sèche et elles ne sont qu’à 40% de leur capacité. Pourtant nous avons vraiment le souffle coupé à la vue de ces grandes coulées d’eau violentes et de l’arc en ciel qui se dégage nettement des fumées blanches.
Pour faire les Vic Falls, plein d’activités sympas type hélico, rafting, jetboat, kayak… mais notre budget nous impose la marche. Nous descendons pour avoir la vue d’en bas, une petite marche sympathique au milieu d’une végétation luxuriante digne d’un climat tropical, on est loin des paysages de brousse aride d’Afrique…
Ensuite direction le pont qui relie la Zambie et le Zimbabwe, un No man’s land entre les 2 pays. Encore une fois, nous avons une vue spectaculaire, qui nous rappelle le grand canyon américain (que nous n’avons jamais vu…) ou les décors du film Brockeback Mountain. Mais ce qui nous attire aussi sur ce pont, ce sont les bunge jumpers, qui sautent dans le vide, à 120m de hauteur !
Mais petite déception ce soir, Bertrand m’apprend que les Vic Falls ne sont pas les plus grandes chutes d’Afrique, ce sont les Kalambo Falls (Baptiste nous avait déjà dit que les chutes d’Iguaçu au Brésil étaient beaucoup plus impressionnantes…)
Cet après-midi repos au Jolly Boys Backpackers. Pour le dîner, ce sera petit braille (barbec), un vrai régal ! Les dîners de l’Africatrip, c’est souvent soupe ou viande (la bidoche!). Je crois que je n’aurai pas mal à m’endormir… Mais maintenant il faut nous décider sur l’itinéraire à suivre pour les prochains jours en Zambie. Parc ou pas parc ? Kafue ou South Luanga Park ? Tout est cher mais nous ne voulons pas manquer les « highlights » du Lonely Planet !

Lundi 14 août 2006, 22781 Kms
Nous quittons ce matin notre très sympathique auberge et la ville de Livingstone. Mais avant de tourner définitivement le dos aux chutes Victoria, quelques petites courses à régler. Faire du change et un peu de l’alimentaire. Mais surtout rendre visite au bureau officiel d’assurance chez qui nous avons signé un contrat, la carte jaune, pour le reste de la remontée en Afrique. On a eu l’impression de se faire avoir quand nous avons eu affaire au courtier à la frontière.
Pendant que je faisais du change, Alex est allé expliquer au siège de l’assurance, les conditions dans lesquelles on a signé notre contrat. Nous avons pour nous de bons arguments qui semblent convaincre les 2 dames qui reçoivent dans un bureau. Quand elles tentent d’appeler le courtier de la frontière, il est injoignable. Elles ont compris que le courtier ne veut pas répondre, il sait qu’il est en tort et risque gros. C’est ça qui fait pencher la balance en notre faveur. Justice va être faite, une des femmes part faire du change et nous rembourse 35€, soit la moitié du montant. Ce n’est pas énorme, mais au moins on sait qu’on ne se sera pas fait avoir. Et qu’un africain qui a l’habitude d’arnaquer les touristes risque son poste (je l’espère) ou au moins est quitte pour un bon savon et sera plus consciencieux à l’avenir.
420 kms de route principale aujourd’hui. Avec un tronçon légèrement montagneux. Au détour d’une petite colline, nous nous enfonçons dans le bush, en espérant y trouver un coin sympa pour s’installer et passer la nuit. Nous sommes à environ 80 Kms de la capitale Lusaka. On slalome entre quelques crevasses pour arriver dans un petit village. On demande l’hospitalité. Le gars hésite, il vient d’avoir un décès dans le village. Et puis il faut demander au chef. On attend une heure que le chef se rende disponible (il en rajoute un peu aussi pour paraître occupé…), pour enfin accepter. Nous nous posons en bordure du village. Le vent souffle, la nuit s’annonce fraîche. On se fait un pansement stomacal à base de purée de maïs en guise de dîner. Héloïse anime la soirée en chantant sur Mylène Farmer, la soirée va être longue…

mardi 15 août 2006, 23116kms
Nous remercions Mr Edward S. de son hospitalité et lui offrons quelques cadeaux (trousse de toilette et couverture) après une rapide séance photos qu’ils prennent très au sérieux. Nous achevons les 50kms qui nous sépare de la capitale Lusaka pour nous y arrêter une petite heure. Je change des euros en dollars au bureau de poste, pour être sûr d’avoir des dollars par la suite. Des jeunes me proposent de faire du change au black à l’intérieur même du bureau. Mais ici, trop de risque de faux billets, je préfère la bureau officiel. Quelques courses pour ne pas manquer de milemile, un peu de gasoil, un peu d’eau et nous repartons de Lusaka, qui ne semble pas désagréable mais sans intérêt notable. On enchaîne ensuite près de 300 Kms de route plein est vers Chipata, frontière avec le Malawi. La route est superbe, plutôt montagneuses, la savane change petit à petit de couleur et de densité. S’il fallait la décrire, l’histoire serait toujours la même et pourtant, elle change tout le temps. On croise beaucoup de camions benne remplis de gens chantant, scandant des slogans, criant vers les passants les bras tendus. Un pompiste nous explique, c’est la campagne présidentielle. Vers 16h, on emprunte un petit chemin de terre pour s’enfoncer un peu dans la brousse et trouver un coin pour bivouaquer. La végétation est dense mais les locaux ont incendié quelques coins si bien que des petites zones restes accessibles, Mais les cendres sur les arbustes salissent nos habits. Et on subit les assauts de dizaines de mouches qui ont rarement goûté à une peau aussi blanche. D’autres insectes se manifestent, une petite morsure à travers les habits sans qu’on sache vraiment de quoi il en retourne. Au moins, pas de mammifères carnivores à l’horizon.

Mercredi 16 août 2006, 23586 Kms
Réveil tranquille vers 06h30. On n’a pas eu d’alertes pendant la nuit. Nous avons bien profité toute la soirée de la température clémente pour observer le ciel étoilé.
Juste après le petit-déjeuner, alors que nous rangeons nos affaires, un groupe de deux hommes et deux femmes viennent nous voir. Ils on tous le même T-shirt aux couleurs d’un candidat à la présidentielle. Les élections approchent. Et donner un T-shirt suffit sûrement à acheter une voix, il en faudrait sûrement moins…Ils portent donc les couleurs de président en fonction, candidat à sa succession. Nous leur demandons si c’est un bon président. Ils nous assurent que oui, « qu’il y a du développement avec lui ». Mais ces gens ont faim, et nous demandent si nous avons des restes de nourriture pour eux.
Nous faisons une route agréable jusqu’à la frontière avec la Malawi. Mais toujours beaucoup de monde sur les routes. Les gens marchent sur toute la largeur de la route, beaucoup de cyclistes qui ne roulent pas droit, normal ils portent tous d’énormes fardeaux de charbon de bois.
Le passage de frontière se fait sans problème. Rien à voir avec notre dernière expérience entre la Namibie et la Zambie. Comme toujours on nous accoste pour faire du change ou essayer de nous vendre une assurance. Un gars me dit de le suivre, il a quelque chose à me montrer. En fait je crois bien qu’il aimerait bien me vider les poches. Je ne bouge pas, mais même devant le poste de police, je ne suis pas serein. Les autorités du Malawi sot le top qu’on puisse trouver : visa gratuit, pas de taxe, sourire, des stickers « nous combattons la corruption ici », le tout est fait en 10 minutes.
Les 150 Kms qui nous mènent à la capitale nous permettent de découvrir le Malawi. Ca tranche avec la Zambie. La route est plus propre, les maisons sont en dur, les gens balaient et ne semblent pas jeter leurs ordures partout. Nous voyons beaucoup de tas de briques le long de la route. Il paraît que chaque famille possède son propre four.
Nous arrivons à Lilongwe, capitale du pays, en fin d’aprem. La ville est plaisante. Le premier contact que nous avons dans une station service est très cordial, mais c’est une douche froide qui nous attend quand on voit le prix du diesel. C’est deux fois plus que ce que nous disait le guide, on attend presque les prix d’Europe. Le personnel de la station nous aide même à trouver une station moins chère ! Nous passerons la nuit dans le Kiboko Camp. Nous réquisitionnons les deux douches en voyant un énorme bus de hollandais arriver. Nous préparons notre itinéraire du lendemain autour d’une bonne souplette. Au programme, le fameux lac Malawi, que le pays se partage avec le Mozambique.

jeudi 17 août 2006, 24110kms
Les hollandais du safari tour font un rafut énorme à 6h du mat, entre les rangements et les scènes de ménage, ils sont bien présents. De toute façon, il faut aussi qu’on se lève pour cette très longue journée de route. Ca va être sport aujourd’hui puisqu’il faut qu’on atteigne les portes du Nyika Plateau Park au Nord du pays. On se prépare un milemile sucré en petit dej que Bertrand a particulièrement du mal a digéré. Puis on quitte le backpacker pour faire un plein de gasoil, un petit plein de bouffe en prévision du trekking dans le par cet un plein de kwacha. Le bureau de change ouvre une demi heure en retard, ce qui m’oblige a rester devant les portes avec mon argent, jamais très bon… Je reste seulement parce que 5 hommes de la sécurité armés sont autours de moi et surveille la zone et la voiture, pendant que Bertrand et Héloïse font les courses. Les des hommes de la sécurité qui tient un chien en muselière, me dit que le bureau n’ouvrira pas et qu’il peut appeler ses copains qui font du change. Je ne veux pas de change au marché noir car trop de faux billets ou d’entourloupes possibles. Je lui dis que je ne veux pas traiter avec ses potes. Il les appelle quand même et me dit qu’il assurera ma sécurité. Ses potes arrivent, je leur dit que je n’ai besoin de rien, mais restent autours, un autre security man me fait des signes discrets en faisant non de la tête, et en murmurant : they are thieves…. Une discussion houleuse commence entre les hommes de la sécurité. Certains refusent d’alimenter le marché noir pendant que d’autres servent de rabatteurs. Et les mecs sont toujours autour à scruter mes poches et me posent plein de questions sans que j’y réponde. Le bureau ouvre finalement, je fais mon change et me casse rapidement escorter par un des gars de la sécurité qui semble attendre un pourboire. On quitte la ville définitivement pour deux longues heures de route. Le début et sympa mais un peu pareil depuis la Zambie. Mais petit à petit, en quittant le splantations de thé, on arrive sur des routes bordées de forêts de pins et de plantes exotiques. C’est superbe, classés scenic roads par Michelin. On se fait une pause déjeuner dans l’une de ces petites forêts puis on arrive à Mzuzu. On passe voir un atelier de voiture pour vérifier que notre niveau d’huile de boite est OK. En faisant la vidange moteur en Namibie, on avait remarqué une fuite au niveau de la boite. Pourtant, le niveau est plus que bon, on repart soulagé mais sans comprendre. Depuis Mzuzu, on rejoint Romphi, mais les indications sont inexistantes et les locaux ne parlent pas tous anglais. J’entends mon premier « Muzungu » dans la rue crié par un enfant. Ca signifie « Blanc qui a le pouvoir », ca signifie surtout AHHHH UN BLANC !!!!! Et ça signifie enfin qu’on rentre symboliquement dans ces régions d’Afrique de l’est qui parle le swahili. Après Romphi on sort du bitume pour de la piste de moyenne qualité mais dans un décor de petites montagnes absolument superbe. En passant prè d’un carrefour, j’aperçois dans une bassine des papayes énormes. Je cours vers la dame qui les vends pour des bouchées de pains, je lui en prend deux, et échange deux trois mots avec elle en anglais et en swahili. Elle est adorable et souriante comme beaucoup de Malawien. La réputation est vraiment justifiée, sans généraliser puisqu’il y a aussi toutes sortes de violence (comme partout en Afrique), les malawiens sont particulièrement souriants, sympas et peu corrompus. La route est de plus en plus dure, le def endure beaucoup sur la tôle ondulée. Je ne peux même pas apprécier le paysage de rêve tellement je suis concentré sur la route. Héloïse à côté de moi suffoque à cause la poussière ambiante et Bertrand allonger à l’arrière sent un mal de tête monter tellement il est malmener. On arrive finalement un peu avant le coucher du soleil au poste d’entrée du parc. On discute rapidement avec la gardienne qui nous laisse aimablement poser notre bivouac à l’entrée du parc sans payer. Quelques habitants nous observent et les enfants tentent de nous vendre des trucs. On leur achète du pain brioché artisanal qui a l’air pas mal. La plus grande qui doit avoir une dizaine d’années me dit avec un grand sourire et en anglais : « mon père est mort, ma mère est morte, donne moi mon argent, donne moi mon stylo !!! ». On se cuisine une soupe pour se réchauffer puisqu’il fait froid à cette altitude. Et une papaye en dessert, qui manque un peu de goût malheureusement.

Vendredi 18 août 2006, 24173 Kms
Nous nous réveillons de très bonne heure. Si on veut faire une pleine journée de rando, il faut décoller tôt. Sans compter les 2 heures de piste qui nous séparent de l’entrée du parc du point de départ des randos. C’est pourquoi, à 6H00, comme des soldats, nous sortons de la tente. J’avais demandé à la gardienne de l’entrée de venir nous réveiller. Elle a oublié, ou peut-être n’a-t-elle pas osé.
La piste en question qui nous permet de rejoindre la réception du parc est une vraie piste africaine. La limite de vitesse est fixée à 40 Km/h, mais il est de toute façon impossible de les dépasser. Nous traversons des paysages magnifiques, et nous effleurons la frontière zambienne, dans la partie Nord-Est du pays, où se trouve un autre parc national.
Arrivés à la réception, nous organisons une randonnée à la journée, avec un guide qui travaille pour l’état. Pour je ne sais quelle raison, on nous propose ce plan à 10$, plutôt que le plan officiel à 75$, avec la compagnie privée qui gère les activités du parc ! Avant de nous lancer, nous installons notre tente dans le campsite du parc. Encore un camping de rêve, nous avons vue sur le parc, devant nous rien que des collines, des chevaux et des petites biches en promenade. En revanche, on nous prévient, ça va cailler cette nuit, vraisemblablement autour de 0°…
Nous nous lançons à l’assaut des pistes du parc, avec Dickens, notre guide, le fusil à l’épaule. On peut marcher sans guide dans l’immensité du parc, mais on nous dit que c’est mieux de prendre un guide, qui connaît mieux les endroits où se trouvent les animaux sauvages. En fait Dickens ne nous emmènera pas dans des sentiers cachés, mais c’est bon d’avoir une arme avec nous. Au cas où une bête voudrait goûter de l’européen. Même si les léopards, hyènes et autres bêtes à longues dents ne sortent que la nuit. D’ailleurs, un écriteau au camping nous dit que les hyènes peuvent voler nos affaires, qu’il ne fait absolument rien laisser traîner. Une paire de chaussures devant la tente la nuit et aucune chance de les retrouver le lendemain. Nous sommes donc à l’affût pour voir le plus d’animaux possible. Le début est plutôt calme. Nous marchons sur des voies assez larges, au milieu des collines qui s’étendent à perte de vue. Pour seule végétation, une herbe rase, les animaux ne pourront pas se cacher si facilement s’ils sont dans les parages. Nous apercevons un groupe de 3 zèbres au bout d’une heure. Ils se laissent approcher assez facilement, on dirait même qu’ils aiment les photos. Mais à moins de vingt mètres, ils font de petites accélérations, puis s’arrêtent et se retournent. Ils nous tiennent à distance comme ça. Nous apercevons aussi beaucoup d’antilopes de toute sortes. Celles-ci sont très peureuses, il est difficile de s’en approcher vraiment et de faire de belles photos. Nous croisons un groupe d’environ au moins 200 élands. L’élan est le plus gros spécimen de la famille des antilopes, pouvant peser jusqu’à 900 kgs. Nous déjeunons non loin d’un groupe d’une quinzaine de zèbres. C’est étrange de les voir dans un tel environnement vert, on a trop l’habitude de les voir dans les grandes plaines dorées ou la savane.
De retour au camp, nous sommes déçus d’apprendre qu’il est interdit de faire un night-safari. C’est bien dommage, car c’est la nuit que l’on peut observer les léopards ou d’autres félins. En plus ils ne sont pas effrayés par les phares de la voiture. C’est une autre ambiance, mais on nous interdit d’y goûter.
Après une bonne douche chaude (l’eau est chauffée par un grand feu), nous commençons à enfiler les épaisseurs, la température est en train de chuter rapidement. On récolte du bois et prépare un feu qui devrait faire illusion du froid pendant une bonne partie de la soirée. Les 500g de pâtes pour trois sont vite avalés. C’est pas trop après une grosse journée de marche.

Samedi 19 août 2006, 24369 Kms
Aujourd’hui on est samedi mais ça ne nous empêche pas de nous réveiller aussi tôt que d’habitude, vers 6h. Mais cette fois-ci on serait presque contents que la nuit se termine et de sortir du lit, il faut dire qu’on a vraiment eu froid cette nuit, et ce malgré nos 5 épaisseurs et 2 sacs de couchage, altitude sur le Nikya Plateau (2400m) oblige…
Bertrand et Alexis s’activent autour du feu, ambiance Brokeback Mountain garantie, on voulait profiter une dernière fois de ce sublime décor de montagne qui ne fait pas tant penser à l’Afrique qu’aux volcans d’Auvergne. Nous saluons Jane et Peter, un couple d’australiens retraités très sympathique rencontré la veille autour du feu, qui voyage à bord d’un Toyota (qui ne prend pas la poussière paraît-il, les veinards…) en « Southern Africa » depuis quelques mois et compte rester en Zambie 8 mois pour travailler dans un parc national. Puis nous embarquons dans le Déf pour refaire ces 60 kms de piste chaotique qui nous séparent de la porte du parc. Bertrand est à l’arrière mais cette fois avec l’ipod sur les oreilles, il supportera mieux les soubresauts qui se ressentent beaucoup plus à l’arrière…
Après avoir passé Rumphi, Bertrand prend le volant, direction Livingstonia et Chitimba au bord du lac Malawi, où nous voulons camper ce soir. Mais Bertrand s’aperçoit, en voulant remonter sa vitre pour éviter que les nuées de poussière qui se soulèvent au passage du Déf ne s’engouffrent dans celui-ci, que le bouton ne fonctionne plus. La vitre reste donc grande ouverte. Nous décidons donc de nous diriger tout de suite vers le Namiashi Resort à Chitimba pour que les garçons puissent tranquillement y faire de la mécanique. Nous empruntons une route superbe de montagne à lacets (qui n’est pourtant pas indiquée comme « scenic » - route de référence - sur la carte Michelin…) avec des vues de mer en contrebas dignes de la côte d’Azur. Mais non il s’agit du lac Malawi, un lac naturel que se partagent le Malawi et le Mozambique, et qui représente quasiment 1/5e de la superficie du Malawi (118 484 km²). Vraiment difficile se s’imaginer qu’il s’agit d’un lac.
Nous nous installons donc au Namashi Resort, un camping situé juste en face du lac, la plage est paradisiaque. Mais les garçons doivent s’attaquer à ce problème de vitre. De mon côté je lisais tranquillement sur la plage pendant ce temps, mais Bertrand vient de me faire un résumé… Après avoir démonté le tableau de bord et la portière pour accéder au moteur électrique de la vitre, les garçons se sont finalement aperçus qu’il s’agissait juste d’un problème de bouton de commande électrique qui avait pris la poussière. Moi je dis vive la bonne vieille manivelle !
Après un déjeuner à base de papaye sur la plage, nous nous contentons de regarder cette belle eau… eh oui pas de baignade pour nous dans les eaux turquoises du lac Malawi, infectées par la bilharziose, une maladie qui se transmet par des petits vers ou par les hommes contaminés. Le Lonely ne nous dit pas bien en quoi consistent les effets mais apparemment ce sont des troubles digestifs qui n’apparaissent que 3 mois après la baignade. Vivement Zanzibar ! Sur la plage, une troupe de petits garçons d’une dizaine d’années vient à notre rencontre, ils dansent autour de nous, nous imitent les éléphants, les singes… le spectacle est vraiment touchant et amusant, pas de doute, les Africains ont vraiment plus le sens du rythme que nous mais que cherchent-ils? A nouer contact ou impressionner le blanc ? A récupérer des bouts de papaye ou d’autres cadeaux? Nous n’aurons pas la réponse car ils sont chassés avec des cailloux par la responsable du camping.
Après cet épisode, Alex fait une « machine » mais je lui fais remarquer que c’est une drôle d’expression sachant qu’il se contente des moyens du bord pour laver son linge, à savoir un seau d’eau, et du Génie sans frotter. Il est entouré d’une quinzaine de « monkeys » qui doivent prendre le savon pour des restes de nourriture.
Ce soir la manager vient voir les brothers pour leur réclamer son dû : ce matin elle n’était pas là au moment du paiement et il y a eu une erreur, le prix du camping ne revenait pas à par personne comme annoncé mais à . En France si un employé avait commis ce genre d’erreur, le client n’aurait pas eu à payer la différence… Alex, au moment de régler cette différence, ne lâche rien et demande à la manager de lui dire la somme exacte qu’il lui doit. Après 5 minutes laborieuses de décomptes, de manipulations de calculatrice et de soupirs, elle lui annonce la somme qu’il avait bien calculée. Et s’apercevant qu’Alex connaissait déjà ce montant, elle conclue « you French guys, you are very clever, and you know what clever means? It means that you are very intelligent”.
La préparation du dîner fut folklo, sans lumière, avec quelques moustiques et des grosses fourmis africaines, et surtout notre paquet de riz… entamé par des fourmis. Seulement avec l’obscurité nous n’avions rien remarqué et le riz cuisait tranquillement quand Bertrand, en regardant bien la casserole, a remarqué que la multitude de petits points noirs à la surface de l’eau n’étaient pas des grains de poivre mais des fourmis en train de cuire ! Mais finalement au menu ce soir : bruit des vagues, bière, chili con carne et mousse au chocolat (lyophilisée mais tout de même délicieuse), un petit festin pour faire honneur à ce décor de rêve… Le mot de la fin sera pour Alex, qui a conclu le repas en nous disant « satiété ! », et ça n’arrive pas si souvent!

dimanche 20 août 2006, 24804kms
OUUUAAHH, nuit parfaite, température parfaite, bercée par le bruit des vagues, réveillé par les premiers rayons du soleil qui illumine le lac. De quoi être de super bonne humeur. On s’offre un petit dej sur la terrasse avant de rassembler nos affaires et de lever le camp, un peu à contre cœur à vrai dire parce que l’endroit et magique. Il est 100% Afrique, dans la cabane qui sert de cuisine enfumée par le feux de bois, règne moustiques et rats, devant la cabane, ce sont les singes (grivet) par dizaines qui s’agitent, un chien maigrichon. Côté plage, les enfants du coins sont déjà autours à essayer de se faire remarquer par les muzungu (cad nous) pour obtenir qqch, mais vite chassés à coup de pierre par le gardien. L’eau turquoise nous fait toujours envie mais on résiste. On démarre et on file vers la frontière tanzanienne. En passant par Karonga, dernière ville avant la frontière, on dépense nos derniers kwachas en diesel et boissons. Puis, vient le moment de passer cette frontière. Ahhh, c’est moments qu’on aime tant. Les postes du Malawi se passent très bien juste quelques paperasses et quelques tampons. Puis avant de nous ouvrir la grille de sortie qui donne sur un pont séparant les deux pays, un jeune policier vient nous voir et nous dit à travers la vitre : « Vous voyez ces gens derrière la grille (il me montre des dizaines d’hommes juste derrière la grille qui nous regardent, crient, propose du change et tendent les bras à travers les barreaux), ne leurs parlez pas, ne vous arrêtez pas, ce sont des voleurs, thieves, thieves !!! » Je le remercie et par en accélérant en ignorant ceux qui s’accrochent à la voiture ou qui frappent à la vitre. J’arrive 50 mètres plus tard devant la grille de la frontière Tanzanie, le temps que le gardien ouvre, quelques uns m’ont déjà rattrapé, me rebelote, j’ignore leur « open my friend ! open my friend !». Je passe la grille et m’arrête devant les postes tanzaniens. A peine sortie de la voiture, plusieurs hommes se tiennent devant nous et scrutent nos poches et la voiture.  ” Can I help you ?” “ Do you want change ?” “ No, thanks, I don’t need anything ! Bye”. Ils me regardent droit dans les yeux et s’en vont finalement parce qu’un flics s’approche. On part régler les procédures et surtout régler la grosse facture. En Tanzanie, ils ne s’embetent pas, on en aura pour 150$ USD de visas et 25$USD de taxes diverses. Mais ils sont sympas, ils nous previennt qu’on peut payer dans différentes monnaies. En gros le visas coûte 50, c'est-à-dire 50£, 50$ ou 50Eur… ici ils ne s’encombrent pas avec des taux de change… On récupère nos passeports tamponnés et repartons à la voiture. Au moment de passer la dernière barrière, le jeune qui est sensé baisser la corde la ressert exagérément. Il demande de l’argent, ça devient vite l’attroupement autour de la voiture, l’un deux ce fait passer pour un officiel et me demande d’ouvrir pour contrôler un papier. On ne cède pas en on se fait pressant devant la corde. Il la baisse finalement, accompagnés de quelques noms d’oiseaux… On accélère un bon coup pour se débarrasser de toutes ses sensues puis on roule enfin dans ce 14eme pays de l’Africatrip. La route est bien différente, très verte, plein de culture (de bananes surtout, des tonnes de bananes). La nature est très belle montagneuse, verte et dense, jusqu’à Mbeya, où l’on retrouve brusquement une brousse des plus classiques. On rejoint la route principale qui mène à Dar es Salaam (« havre de paix », capitale économique du pays, où l’on retrouvera Maud et Vivien). Avant le coucher du soleil, on quitte la route principale pour chercher in bivouac, quelques kilomètres plus tard, au milieu de la brousse on croise quelques maisons éparses, les enfants ont peur, les femmes sont gênées, les hommes intéressés. Personnes ne parle anglais et notre swahili n’en est qu’à ses débuts. Un des hommes, moins ivre et plus vif d’esprit que ses copains, nous suggère de continuer sur ce même chemin jusqu’à l’école. On continue quelques kilomètres en ne croisant quelques cahutes pour finalement arriver à quelques bâtiments délabrés ne pouvant être qu une école. On éteint le moteur, et très vite des enfants arrivent, l’un deux parle étonnamment bien anglais par rapport à ses copains. Il est en fait le fils du chef du village qui arrive juste après mais ne parle pas du tout anglais par contre. On explique ce qu’on fait ici par l’intermédiaire du fils du chef qui traduit tout. Ils comprennent petit à petit, et nous invite chaleureusement à rester. On visite les bâtiments de la nouvelle école juste derrière, un peu mieux déjà mais… sommaire !! On installe ensuite notre bivouac devant les bâtiments dans l’ancienne école après avoir signer le registre du village. Et oui, le chef du village à insister pour que l’on signe le guest book du village, un peu vide d’ailleurs. Je prépare la popote de ce soir. Au menu, ugali (milemile en swahili), avec des oignons et du thon, soit le plat local mis à part les oignons et le thon. Le vent frais montre que nous somme un peu en altitude mais la nuit sera tout à fait supportable à priori.

Lundi 21 août 2006, 25220 Kms
Comme il fallait s’y attendre, les africains sont réveillés avant nous, et le bruit des écoliers qui passent près de la tente en chantant nous tire de note sac de couchage. Le chef du village et son fils, le fermier et l’instituteur, tout le monde est là pour nous saluer de bon matin. Nous avons le droit à la visite de la maison du chef. Dans son salon, des affiches de politiciens en campagne font office de déco. Avant de partir, nous leur manifestons notre gratitude par quelques petits cadeaux : des jouets et stylos pour l’école, et deux trousses de toilette, une pour l’instituteur, l’autre pour le chef.
Après une heure de route, nous quittons la voie principale pour s’enfoncer dans une forêt de pins. Il fait froid, et les grands arbres me rappellent plutôt l’Allemagne ou les forêts du Luxembourg. On est pourtant en Afrique australe, et l’alignement presque parfait des pins nous rappelle qu’ils ne sont pas là pour faire joli mais plutôt pour le business du bois. Quelqu’un, sûrement un garde forestier, vient nous voir pour nous dire qu’il ne faut pas faire de feu ici.
En milieu d’après-midi, alors que nous attaquons une belle montée en voiture, nous dépassons un gars qui semble se battre avec son vélo et tout son chargement pour le faire arriver en haut de la pente. Nous nous arrêtons et lui tendons un Coca frais. Une bénédiction pour lui. C’est comme ça que nous faisons la connaissance de Ruben Valle (www.runningtheplanet.com), un vénézuélien qui remonte l’Afrique du Cap jusqu’au Caire avec son vélo et ses 75 kgs de matos dans les sacoches. Ce type est un vrai pro du vélo, il nous fait penser à Josef l’espagnol que nous avions rencontré au Mali, mais en mieux préparé.
Nous continuons notre liaison vers Dar Es Salam en passant à travers le parc national Mikuni. En fait la route principale le coupe en deux, ce qui nous permet d’observer des animaux sauvages gratos. En une heure, nous allons voir des zèbres, girafes, gnous, éléphants, babouins, marabouts et plusieurs variétés d’antilopes. Un vrai spectacle.
Nous passerons la nuit au camping qui longe le parc, puisque les campings qui sont à l’intérieur du parc sont hors de prix : 5$ par personne à comparer avec les plus de 50$ à l’intérieur, pour les mêmes prestations. Après dîner, alors que la nuit est tombée, nous décidons de ressortir le Def et de nous engager sur la route principale qui traverse le parc pour essayer de croiser la faune nocturne. Hyènes, léopards notamment, sont plus facile à observer de nuit. Le problème est que nos phares de voiture sont certes puissants, mais n’éclairent que tout droit, nous n’avons pas de torche assez puissante pour balayer les côtés. On n’observe rien de mieux que des papillons et des moustiques et on pense rentrer brodouille. Jusqu’à ce qu’on repère un groupe de buffles en train de brouter le long de la route. On ne fait pas les malins quand on sait que ces animaux ont une tendance à charger quand ils se sentent dérangés. On observe aussi un petit groupe d’éléphants. Retour au camping. Demain, si on a le courage, on tente le morning drive. Coucher et lever de soleil sont des moments propices pour observer la wildlife.

Mardi 22 août 2006
Aujourd’hui nous nous levons reposés, le sommeil a été bon, malgré le transistor à fond resté allumé toute la nuit et les drôles de bruits de chats. Bertrand pensait que c’était des hyènes… ce doit être la frustration de ne pas encore en avoir vu, parce que le bruit ne ressemblait franchement pas à un rire diabolique !
Après un bon petit déj (le pain acheté sur place est délicieux), nous entamons tout excités notre « Morning drive » ! Et nous sommes encore chanceux : 3 éléphants traversent la route, majestueux, juste devant nous. Nous passons à 2m d’un troupeau de girafes. A notre approche, elles s’éloignent en galopant, leur course, très belle, donne l’impression d’un ralenti, mais elles peuvent atteindre 60 km/h ! Nous voyons aussi quelques phacochères, un troupeau de gnous au loin, des zèbres et beaucoup d’élans et de biches, d’ailleurs on voit souvent les zèbres à côté des biches, ils doivent s’apporter quelque chose mutuellement... C’est impressionnant de voir toute cette vie sauvage dans son élément naturel, et on imagine tout ce qui doit se passer dans cette savane et qui nous échappe… Dommage que l’appareil photo n’ait plus de batterie. En tout cas, ce parc Mikumi, que nous avons juste traversé, est une bonne affaire pour notre petit budget ! Pas loin d’avoir  « spotté » les « Big Five » (éléphant, rhino, buffle, lion, guépard), bon il nous reste encore les fauves à voir, mais ce n’est pas évident sans guide et surtout dans cette savane aussi dorée que leur pelage. D’ailleurs ce décor de savane clairsemée de quelques arbres est digne des documentaires animaliers ou des photos des brochures de tourisme pour les safaris.
Après avoir dépassé le parc, le décor devient plus « tropical », la route est plus verte (beaucoup de palmiers) et montagneuse, avec pas mal de descentes et de montées : une petite pensée pour notre ami cycliste vénézuélien croisé hier qui empruntera cette route aujourd’hui… Nous croisons quelques bergers massaïs sur le bord de la route. La chaleur monte, pas étonnant, nous avons lu qu’il peut faire étouffant à Dar es Salaam. Nous atteignons la ville vers 14h. Dar es Salaam (qui est d’ailleurs le nom de plusieurs villes d’Afrique) signifie « havre de paix ». Pas vraiment si reposante cette ville, entre la circulation chaotique, la pollution et les premières sollicitations.
Nous nous dirigeons tout de suite vers le quartier des ambassades, à la recherche de l’ambassade du Soudan. Il est difficile de se repérer entre ces dizaines d’ambassades. Il s’agit à chaque fois de très belles maisons avec des parcs parfaitement entretenus, parfois en bordure de mer… et avec des gardiens incapables de vous indiquer l’ambassade d’à côté… parfois ils feraient mieux de dire simplement qu’ils ne connaissent pas la réponse à votre question. Nous tournons donc quelques minutes, à défaut d’avoir obtenu une indication claire et valable. Finalement un indien dans un beau 4x4 à plaque diplomatique s’arrête pour nous aider et nous emmène à l’ambassade. Là les garçons veulent faire leur demande de visa. Mais les autorités soudanaises réclament une lettre de l’ambassade française pour accepter leur demande.
Direction donc l’ambassade française. Pour rentrer dans l’enceinte, le gardien passe un miroir sur roulettes sous la voiture pour voir s’il n’y a pas de bombe cachée. Il s’agit d’un grand bâtiment, avec à l’arrière la résidence de l’ambassadrice. Un très beau parc, mais un tel faste pour 450 français en Tanzanie, ça interpelle. En tout cas dommage que nous ne soyons pas un 14 juillet, on aurait eu droit à la garden party de l’ambassadrice !
Après que les garçons aient récupéré la fameuse lettre, nous rencontrons dans le parc le gendarme Broussolle, sa femme Sandra et leur fils Mattis, qui se sont installés à l’ambassade de Dar il y a tout juste un mois. Philippe parle 4x4 (longuement… trop longuement ?) avec les garçons, puis nous montons quelques minutes chez eux pour discuter et profiter de leur connexion Internet. Celle-ci ne marche finalement pas, mais nous regardons les photos qu’ils ont prises lors d’excursions dans les petites îles du coin, des plages magnifiques de sable blanc… encore une fois vivement Zanzibar ! Ils nous donnent quelques conseils sur le prix des fruits et légumes, la conduite de nuit, et sur les accidents… faut-il rester sur place ou filer en cas d’accident ? Là-dessus les 2 gendarmes français de l’ambassade ne sont pas d’accord. On aurait tendance à penser qu’il faut filer pour éviter que les africains ne fassent justice eux-mêmes… Les avantages des expatriés (la plaque verte par exemple qui leur évite les nombreux contrôles de police) nous font un peu rêver.  Ils nous expliquent aussi que toutes les positions clés à Dar es Salaam sont détenues par des indiens.
En fin d’après-midi, nous retrouvons Jean, ami d’enfance de Normandie des Letellier, en VIE à Dar es Salaam pour une entreprise française de déménagement. Il nous emmène à bord de son pick-up dans la ville. La ville n’est pas impressionnante avec son chaos et ses gros buildings mais on imagine sans problème qu’on peut y vivre bien. Avec deux de ses amis français en stage ou VIE à l’ambassade, nous prenons un verre au sommet du Kilimandjaro… sauf que le Kilimandjaro en question est un hôtel de luxe avec au dernier étage une superbe vue sur la ville. Nous buvons une petite bière, une… Kilimandjaro, eh oui ici tout s’appelle Kilimandjaro ! Bertrand et Alexis racontent leur aventure et Emmanuel, un français qui a travaillé à l’ambassade du Kenya, les avertit des dangers dans le Nord du Kenya, où les attaques de voitures ne sont pas rares apparemment. Ça ne me rassure guère, mais a priori il est possible de se faire escorter par des véhicules de police sur certains trajets.
Nous nous rendons ensuite dans la maison de Jean : 7 chambres pour lui tout seul, un ascari (un gardien) et une femme de ménage. Il nous explique qu’au début ça fait bizarre mais qu’ici ça fonctionne comme ça et que n’employer personne serait au contraire mal perçu. Jean nous explique qu’il faut être vigilant et veiller à ce qu’ils vous rendent bien la monnaie quand ils font les courses, etc. Vers 21h nous filons à l’aéroport récupérer Maud (sœur d’Alexis et Bertrand) et Vivien, qui foulent ce soir pour la première fois le sol africain ! Jean nous explique qu’il n’y a pas de panneau indiquant l’aéroport, mais qu’il sait que juste après avoir passé la voie ferrée, il doit tourner à droite. De même pour rentrer chez lui, il se repère aux panneaux publicitaires !
L’attente à l’aéroport nous paraît longue, pas de problème particulier mais Maud et Vivien étaient les derniers dans la file d’attente pour les visas. Les retrouvailles avec Maud et Vivien sont d’autant plus chaleureuses, ça fait bien 2 mois que les garçons n’ont pas revu leur « soeurette » ! Une fois tous rentrés chez Jean, qui nous a vraiment réservé un super accueil, nous discutons déjà du programme des 15 jours à venir. Demain nous passerons justement la journée à Dar es Salaam pour faire du change et contacter les agences de safaris. Il nous faut trouver la solution la plus avantageuse, qui nous permette de voir le maximum de choses pour le moindre coût… ce qui n’est pas simple étant donné les prix exorbitants réclamés à l’entrée des parcs nationaux (et qui ne cessent d’augmenter apparemment, dommage pour nous la dernière hausse date du 1er janvier 2006). Pour l’instant nous envisageons de louer un 4x4 pour nous 5, et de laisser le Déf chez Jean. A priori jeudi départ pour Arusha et les grands parcs du Nord.
Ce soir heure du coucher record : 1h, ça change des horaires de l’Africatrip, calqués sur le lever et le coucher du soleil !

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