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Namibie - Windhoek


de Africatrip, 05-08-2006

Arrivee en Namibie


Mercredi 05/07/06, 16912kms
Réveil tranquille, on lit dans not lit, seul dans le dortoir, la chambre du parrain. On profite du petit déjeuner gratos, bien que peu varie mais a volonté. On se fait 7 œufs brouille avant de finalement paye cette foutu note d’hôtel qui n’a rien de backpackers.
On nous dépose a Southgate, ou se trouve une station de taxi minibus, voila le topo,
Les gens du backpacker ont bien voulu nous y déposer pour 130 rands en 10mn, le minibus, qui est le taxi local coûte 13 rand pour ¾ d’heure, On est une petite vingtaine entasse dans un combi VW, c’est définitivement une expérience top, qu’on va renouveler par la suite, ça c’est du backpacking !!! La taxis-brousse nous dépose près d’un centre commercial a Walkerville, et Father François, (frère de Dominique, mari d’Alexandra) vient nous chercher puis nous emmène au centre bosco de Randval, centre qu’il dirige. En plein milieu de nulle part dans la campagne, le centre est super bien équipe et compte plusieurs centaines d’hectares, piscine terrain de foot, tennis, volley, basket,…. Ecran géant Auditorium, salle de conférence,etc…
Le centre reçoit toutes sortes de jeunes 100% black et coloured, pour des court séminaires de moins d’une semaine, de différentes classes sociales, en tout cas, c’est très vivant, on assiste a leur ateliers. Ambiance complètement teenage crise d’ado.
On mate la demi-finale France Portugal sur l’écran géant, les jeunes sont déchaînes, impossible de savoir pour qui ils sont, sûrement pour personne d’ailleurs. La France gagne difficilement 1-0 sur Penalty de Zidane. On part discuter ensuite avec FF du centre bosco autour d’un wisky chaud.


Jeudi 6 Juillet 2006, 16912 Kms

Sans aucun doute la nuit la plus caillante depuis le haut Atlas marocain du mois de mars. J’ai presque pas dormi, malgré les 8 couvertures sur moi. Je suis rassuré de savoir qu’Alex n’a pas fermé l’oeil à cause du froid. L’Afrique nous en fait voir de toutes les températures. Trop chaud ou trop froid, on cherche encore le compromis…Nous discutons avec deux filles, ici en tant que volontaires, et venant du Swaziland et d’Israël. Elles ont eu très froid aussi.
Le père François nous propose de prendre une des voitures du centre pour bouger et visiter les alentours. Nous prenons la route de Soweto, le plus grand Township du monde, collé à Jobourg. Nous visitons Regina Mundi, c’est une église, seul endroit à l’époque de l’apartheid où l’on pouvait mélanger les races et rassembler plus de 5000 personnes en un endroit. Dans ce lieu, nous retrouvons Chris, un des mecs du Backpacker’s Brown Sugar, il fait un tour de Soweto à des clients de l’hôtel. Il est étonné de nous retrouver ici, sans guide ou black avec nous. C’est vrai qu’il est déconseillé de se balader dans Soweto sans personne qui connaisse bien. Soweto fut le centre des grandes révoltes noires qui mirent fin à l’apartheid. Mandela y a habité de 1944 à 1961 avant d’être emprisonné sur Roben Island. Il y est revenu à sa libération en 90. Mais compte tenu de sa célébrité, il ne pouvait vivre dans le calme, et il dut quitter cette maison 11 jours après y être arrivé. Nous visitons cette petite maisonnette qui fait office de musée aujourd’hui. Une visite éclaire entre quatre murs où le guide vous explique « ceci est la cuisine de Mandela, ceci est le lit de Mandela, la chaussure de Mandela…. » Très symbolique. Nous servons de guide à d’autres français qui ne comprennent pas l’anglais.
De retour au centre, nous assistons avec les jeunes à un atelier sur le thème « Be someone, Follow a goal, Achieve your Dreams ». Le père François nous demande de témoigner devant ces jeunes sur l’expérience de notre Africatrip. Pendant 45 minutes, Alex et moi expliquons l’origine du projet, pourquoi l’Afrique, la recherche de financements, la préparation, et aussi nos rencontres et notre vécu dans les derniers mois, tout ça avec en toile de fond le thème de l’atelier. Nous participons ensuite à une session de Q&A, intéressante et amusante. Les gamins nous posent toutes sortes de questions….comme « comment vous trouvez les filles en Afrique ». C’est la première fois que nous parlons de notre projet de A à Z, devant une quarantaine de personnes. Une super expérience pour nous aussi.
En fin d’après-midi, nous regardons en amphi une vidéo de Pam Stanler, une américaine qui prêche dans les écoles l’abstinence avant le mariage. Même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit....je lui reconnais un talent d’oratrice exceptionnel, qui a l’air de fonctionner sur les jeunes qui l’écoutent. Nous assistons ensuite à une session de prière, nous mettons nos péchés sur une feuille de papier, que nous brûlons ensuite. C’est la première fois que je faire ce genre de confessions.
Ce soir, en clôture de semaine, éducateurs et élèves se retrouvent autour d’un grand feu de joie. Sketchs, danses et chansons autour du feu pour mettent la soirée en rythme. Quand la soirée se termine, nous discutons devant les braises avec une allemande qui est ici en stage pour travailler ensuite dans le social. C’est bon de parler allemand !


Vendredi 07 juillet, 16192kms
Petit dejeuner dans la grande cantine avec tous les jeunes, puis intervention d’une jeune maman blanche d’un peu plus de 20 ans qui adopte des enfants noirs. C’est une intervention touchante. Cette fille dégage une force et une générosité incroyable. Ca famille a adopté déjà plus d’une quinzaine d’enfants pour la plus part dans des conditions invraisemblable (des enfants abandonnés dans les égouts, d’autres mourrant de faims parmi les chiens, d’autres albinos ou séropositif). C’est un message extraordinaire pour les jeunes si au moins ils écoutaient.
On quitte Randval pour la journée, direction Standerton, où habite le cousin de Father François. Après 3 heures de route, on arrive à l’entrée de la ville, avec des townships partout. A cause de la hausse du salaire minimum, les fermiers ne peuvent plus se permettre d’heberger les ouvriers, donc ils doivent trouver un autre logement, plus le chômage très important (près de 40%), cala alimente les townships. Sur des hectares entiers des communautés entières de noirs vivent très pauvrement. Visuellement ça impressionne.
Arrivée à l’usine de textile de Bernard vers midi, on rencontre Bernard qui est né en Afrique du Sud mais qui parle très bien français puis qu’ayant fais ces études à l’ESC Lille !!! Bernard très sympa, dirige tant bien que mal cette usine de 600 employés. Il est épuisé des conditions, désabusé par ts les problèmes que lui pose ses employés noirs. Il nous raconte que ce matin même, ils faisaient encore grève pour augmentation de salaire, ils le portaient en l’air en dansant autour, faisant des incantations et des menaces, puis le reposaient à terre et demandaient s’il acceptait d’augmenter. Comme il refusait, le manège recommencé. Récemment, il a voulu construire une extension de l’usine permettant l’embauche de près de 300 employés. Mais le permis de construire lui a été refusé car il refusait de payer des bakchich. Ils nous emmnent dejeuner chez lui , on traverse la ville de standerton habitée par quelques boers dont Bernard se moque avec beaucoup d’énergie et quantité de noirs qui glandent. Malgré tout ca Bernard arrive a garder beaucoup d’humour.
Après le déjeuner préparé par sa bonne, on retourne à l’usine pour faire une visite guidée par l’un de ses contremaîtres.
La société possède également une ferme à 30kms. On par la visiter avec Mex l’homme à tout faire de la ferme. On roule dans des hectares de brousse magnifique, en faisant le trour des pièges à chacals que Max a posé. On récupère près de pièges beaucoup de pics de porcs-épics. Les espèces d’oiseaux sont très nombreuses, beaucoup vivent autours des petits lacs remplis de poissons. On cherche les phacochères et les silver cats. C’est génial, donne vraiment envie de chasser.
Retour en pleine nuit à Don Bosco Randval, la route de nuit c’est folklo mais à éviter, on se paume, aucun éclairage publique peu d’indication, on y voit rien, c’est le bordel.
Un petit diner rapide et on monte la colline en face du centre, en pleine nuit mais éclairé par la lune. C’est une vision surréaliste, quand on arrive en haut de la colline, une grande croix blanche illuminé apparaît petit à petit. C’est une installation de Father François. Quelques silhouettes en dessous ne nous inspirent pas confiance, on rebrousse chemin. On fume une clpe dans la brousse en regardant les lumière de Jo’burg au loin. On retrvouve en bas les deux silhouettes de tout à l’heure, ce sont deux bonnes sœurs du centre parties chanter au pied de la croix…
Samedi 8 Juillet 2006, 16192 Kms
Les voitures sont blanchies par le givre, ce fut encore une nuit caillante, multiplier les couvertures ne nous aide pas à combattre cet ennemi invisible.
Nous prenons un petit-déjeuner plus copieux que d’habitude. Les gamins qui viennent d’arriver au centre pour un séminaire participent à un programme différent, et ils paient un peu plus cher pour avoir des repas plus copieux. Qui est-ce qui en profite au passage ?? C’est un programme qui est en partie financé par l’état. Mais comme l’état et l’Eglise ont un point de divergence majeur sur la question du préservatif, les intervenants habituels de Don Bosco n’interviennent pas dans ce séminaire, ils prêtent juste l’espace et les locaux du centre pour l’occasion.
Le Père François nous propose d’utiliser le terrain de tennis du centre. C’est une idée qui nous séduit, mais d’abord il faut réparer le filet. Le jeu commence mais nous sommes vite essoufflés et Alexis s’arrange pour mettre fin à cette pitoyable partie en cassant un cordage.
Gaëlle, une personne du centre, ainsi que le père Emmanuel du Congo proposent de nous déposer au « Casino », qui est un grand centre de jeux en tout genre. On se laisse tenter en se disant que nous allons voir un des must-see du Lonely Planet. Nous pénétrons dans un immense complexe dédié aux jeux (roulette, Blackjack, pocker, machines à sous…), aux jeux vidéos et à la junk food. Il y a un même un mini grand huit à l’intérieur des bâtiments. On se croirait presque aux states. Sauf qu’on est pas des américains avec des T-shirts Donald Duck, une casquette et des chaussettes blanches. On s’ennuie à mourir dans ce temple du jeu, on fait donc passer le temps en s’asseyant devant des écrans de télé qui repassent les meilleurs moments des dernières coupes du monde football.
A peine rentré au centre que le Père François nous emmène en pick-up faire un tour dans les environs du centre. L’occasion de voir des ruines d’anciens villages, les trous de porcs-épics et aussi la fameuse croix que le Père François a érigé en haut d’une colline qui fait face au centre, et qui est très impressionnante et visible de loin la nuit car elle s’éclaire.
Ce soir, avant d’aller me coucher, je chat avec Héloïse sur internet quand un certain Charly, un paysan Boer qui habite près du centre, toque dans à la porte du bureau du Père François où je me trouve, et me signale qu’il y a un feu qui s’est déclenché sur un terrain du centre. Je cherche le Père pour le prévenir. Quand je le trouve et lui explique la situation, il ne semble pas s’affoler et me dit que c’est chose courante. Nous partons à trois avec Christopher sur les lieux pour tenter d’éteindre l’incendie. Nous découvrons un cercle de flammes d’in diamètre d’une cinquantaine de mètres. Le feu s’est propagé à partir de bougies laissées allumées par un groupe de prière venu du Togo. Le feu est impressionnant, mais en un quart d’heure nous en venons à bout en tapant sur les flammes avec des branchages. Heureusement pour nous il n’y avait pas de vent ce soir-là. Ma première expérience de pompier.
En rentrant à la caserne, je regarde le match Allemagne/Portugal, petite finale de la Coupe du monde. Je suis bien content que les allemands l’emportent, notamment grâce à un triplé de Podorski. Nous passons ensuite la soirée avec des irlandais de 16-18 ans. Ils ont acheté des quantités d’alcool, ils sont surexcités. Les irlandaises font le spectacle…


Dimanche 09/07/06, 16192kms.
On fait un petit foot pour se décrasser et se mettre enjambe pour ce soir, finale de la coupe du monde France Italie à Berlin. On passe l’après midi à Johannesburg chez d’anciens volontaires du centre qui viennent de se marier. Au retour on redépose deux filles qui habites dans les townships. Ambiance incroyable, la route se fond dans une brume très épaisse à cause de la fumée des maisons qui se chauffent avec ce qu’elles peuvent. Le fumée est rouie en bas à cause du couché de soleil et noire opaque au dessus. C’est lugubre mais grandiose. Les ruelles sont pleines de mondes malgré les températures glaciales.
Retour à DB pour un dîner rapide, on s’équipe de plusieurs bières et on s’installe dans l’auditorium avec l’écran géant.
Italie-Francre 0-1 sur pénalty de Zidane (faute injustifiée de metarazzi sur malouda)
Iralie-France 1-1 Tête de Metarazzi
Extra time, carton rouge de Zidanne pour un coup de tête sur Metarazzi
L’Italie gagne au penalty 5-3…
De toute façon, on aurait pas pu fêter grand-chose ici !!!!!

Lundi 10 Juillet 2006, 16912 Kms
Les nuits se suivent et se ressemblent…J’ai appris hier soir qu’on pouvait fabriquer du sperme artificiel. Où va-t-on, nous les hommes allons bientôt devenir accessoires. Enfin l’Afrique est loin de ce genre de problématiques, pas besoin d’artificiel pour remplir les foyers. Ca vient tout seul.
Au petit-dej, on se fait chambrer en tant que français sur la finale d’hier. Merci à Zidane pour le magnifique coup de tête administré à Materazzi, ça nous a permis ce matin de discuter et de bien rigoler.
Nous quittons Randwal après avoir passé une semaine agréable et intéressante en échangeant avec des gamins sur des sujets sérieux. On se souviendra aussi du moment où nous leur avons parlé de notre projet. Nous partons pour Maputsoe, ville du Lesotho à la frontière avec l’Afrique du sud. Nous nous dirigeons vers le St Luke’s Institute, antenne de Don Bosco qui sert d’école à plus de 2300 élèves de la ville. Sister Godliv (sacré non pour une sœur !) et sister Barbara nous y emmènent. Nous prenons rapidement le volant pour être sûrs d’arriver entiers…Nous déjeunons chez les sœurs en arrivant. On sent qu’elles sont heureuses d’avoir de la compagnie chez elles, ce n’est pas tous les jours qu’elles reçoivent des jeunes hommes dans leurs maisons…
Maputsoe est une ville frontière, une de ces villes où tout s’organise autour d’une rue, avec le poste de douanes d’un côté, et des magasins et étales de tout et n’importe quoi s’étalant tout le long jusqu’à ce que la rue devienne campagne. Maputsoe a un point commun avec Paris, ici aussi ce sont les chinois qui tirent les ficelles dans le secteur textile. Devant tous les magasins de fringues, un chinois est assis et attend le client. Et ils n’ont pas le sourire comme argument de ventes. Nous rencontrons deux Marça et Simona, deux italiennes qui sont venues ici en tant que volontaires et terminent une mission de 7 mois.
Nous passons notre première journée au Lesotho. C’est un pays incroyable, c’est une île terrestre, a « land-island » comme ils disent ici. Le seul pays du monde à être entièrement entouré par un autre et unique pays. Tout le pays et situé à plus de 800 m d’altitude, il fait donc très froid la nuit, créant une forte amplitude avec le jour. La principale ressource est le tourisme et ensuite l’eau que le pays vend à l’Afrique du Sud. On commence à y trouver de l’or et du diamant.
Avant d’aller se coucher, nous regardons un documentaire magnifique sur la chaîne National Geographic à propos des combats entre les lions et les buffalos. En voilà un qui oppose s’opposer au roi de la jungle.


Mardi 11 juillet 06, 16192kms
On quitte Maputsoe en Minibus avec nos sacs sur le dos direction Maseru, capitale du Lesotho. Le voyage prend 2 heures, pour 90kms, entassé à 20 comme des sardines, et comme d’habitude, klaxonne non stop et arrêt toutes les 30 secondes. Au moins c’est cheap. A la gare routière de Maseru on cherche le minibus pour Malealea, notre destination finale aujourd’hui où se trouve le Lodge qui nous servira de camps de base. Malheureusement, notre destination n’est pas très prisé par les locaux, et le système est d’attendre que le minibus soit plein avant de partir, donc on patiente deux bonnes heures avant de pouvoir rouler, encore deux heures dans les mêmes conditions. On n’est pas mécontent de quitter cette gare routière où les blancs n’ont pas vraiment leur place. Donc après ces 6 bonnes heures de voyage, pour 180kms, après avoir respirer pendant des heures la fumée du pot d’échappement qui remonte à l’intérieur et écouter de la house locale à fond, on arrive enfin au Lodge, perdu dans un petit village dans le montagnes du Lesotho. Le Lodge en soit n’a rien de particulier bien que sympa, mais le décor est dingue et c’est une parfaite base de départ pour prendre des chevaux et partir dans les montagnes. On dormira dans une Randavel (ou forest hust), petite hutte locale ronde avec toit en paille, pas vraiment isolée malgré les températures négatives. On demande des couvertures en plus. On dort tout habillé, dans le sac de couchage, avec 5 couvertures, 2 écharpes et un bonnet. Il faut au moins ça pour se protéger du -10C° qui nous attend cette nuit. On commence déjà à être bien malade.

Mercredi 12 Juillet 2006, 16192 Kms
Incroyable, nous n’avons pas eu froid cette nuit, faut dire que dormir dans un sac de couchage sous 6 couvertures, ça devait commencer à marcher. Nous nous préparons pour notre grande rando à cheval. Je vais chercher les saucisses que j’avais demandées à l’épicière (unique magasin d’ailleurs) de préparer pour nous. J’arrive, rien est prêt, elle avait oublié ou pas compris. Plutôt oublié je pense. Devant moi elle met les 4 saucisses dans l’huile, pendant ce temps là sa gamine de 5 ans n’arrête pas de me sauter dessus.
Vient le moment de faire les présentations avec les canassons qui vont nous porter pendant 2 jours. Pour Alex c’est Sta, une brave femelle. Pour moi ce sera Brown Sugar (comme le nom du Backpacker’s de Jobourg), un mâle plus gros que Sta. Pour nous qui avons presque jamais fait de cheval, partir sans un briefing serait comme demander à maman de faire le tour du pâté de maison en mobylette…Une gentille dame vient nous expliquer les rudiments de l’équitation. Ca n’a pas l’air méchant, à nous de jouer maintenant ! Le convoi de 4 chevaux s’élance : nous deux, notre guide Guilbert de 21 ans et un cheval porteur. Alex a tout gagné, son cheval suit sans broncher. Le mien semble vouloir aller partout sauf dans la bonne direction. J’ai pas la maîtrise sur la bête. En plus de ça il est plus lent que les 3 autres. Avec le temps on comprendra qu’il faut le mettre en premier pour le stimuler. Toujours est-il que je vais faire presque les 5 heures de cheval de la journée assez loin derrière Alex et Guilbert. Pas grave, je me sens encore plus un lonesome cowboy, un Lucky Luke quoi.
Nous franchissons des petits ruisseaux, une rivière, un canyon et toujours dans le cadre magnifique des montagnes du Lesotho. Au soleil il fait très bon, mais à l’ombre, toute eau gèle. Le cheval doit faire attention, parfois ses sabots glissent, ce n’est pas rassurant. Nous traversons des petits villages d’altitude, les gens ne se jettent pas sur nous comme en Afrique de l’ouest pour nous demander un cadeau ou de l’argent. Le cheval est un moyen calme, silencieux, d’apprécier à petit rythme des paysages. Calme ne veut pas dire reposant. Les muscles fessiers sont très sollicités, même au pas, quand on n’a pas l’habitude. Après 5h de cheval, c’est donc un soulagement de s’arrêter pour installer le campement du soir. Nous dormons dans un petit village, où une hutte nous est réservée. Des matelas par terre et quelques chaises pour tout confort. Avant que le soleil ne se couche, nous partons, à pieds cette fois, et accompagné d’un couple de belges, faire une randonnée de 2H en direction de chutes d’eau qui coulent à proximité. C’est une ballade agréable à flanc de montagne, on manque de tomber à plusieurs reprises.
A 17h30, retour au village. La nuit tombe, il fait froid. Le ciel est très clair, je n’ai rarement pu observer autant d’étoiles. Nous nous cloîtrons dans notre hutte, nous réchauffons avec une soupe et un plat de baked beans. Comme dans Brodeback Moutains. Enfin presque…

Jeudi 13 juillet 06, 16192kms,
La nuit est difficile, il fait tellement froid qu’on allume le réchaud à gaz pour réchauffer la hutte. A 7h du matin, Guilbert frappe à notre porte pour nous réveiller, on selle les chevaux et on repart pour 5 heures de cavalcades dans le montagnes, vallées et rivières du Lesotho. Le pied total ! Les douleurs au cul sont bien présentes, nos chevaux sont braves mais pas très intelligents. Parfois ils obéissent à la moindre sollicitation, parfois ils sont incontrôlables. Quand on arrive à les lancer au galop, c’est grosses sensations assurées. Retour au Lodge, on paye l’addition beaucoup plus salée que prévue, on avait mal lu la brochure. Le prix était par jour et non par pour toute l’excursion. On repart en minibus direction Maseru, puis Maputsoe où l’on retrouve notre super maison provisoire, l’institut salezien Saint Luke. 3 jours sans douches, à cheval, ça laisse des traces. Malheureusement, la douche n’est pas très coopérante.
On se couche tranquillement après une émission sur l’hippopotame (les grands tueurs de l’Afrique sur National Geographic), en se réchauffant devant le radiateur à gaz.


Vendredi 14 Juillet 2006, 16192 Kms
Aujourd’hui c’est fête nationale ! Ca ne veut pas dire grand-chose quand on est à 10000 Kms de chez soi. On regarde juste une partie de la retransmission du défilé des Champs-Élysées sur TV5. Ce matin nous accompagnons le Père Sébastien qui fait des courses, puis il nous emmène faire le tour des communautés du coin. A Ficksburg, côté Afrique du Sud, nous rencontrons deux nigérians d’une communauté de prière. L’occasion de parler un peu de leur pays, et de refaire le point sur le coup de boule de Zidane…A Maputsoe, côté Lesotho, nous faisons la connaissance de l’évêque Paul, un des 4 évêques du pays. Nous discutons quelques minutes avec lui, il apprécie de rencontrer de jeunes français. Nous remplissons le registre des visiteurs et le saluons.
Avant de rentrer au centre, nous passons dans la campagne afin que le Père François prévienne qu’il ne pourra pas assurer son office ce dimanche. Il prévient certaines personnes qu’il connaît bien, à elles ensuite de transmettre le message à d’autres et ainsi de suite. C’est important que les gens soient informées car les gens sont très pieux ici, et beaucoup se rendent à la messe. Nous suivons le Père qui rentre dans une petite cabane en terre, dont l’intérieur est divisé en deux par un rideau. Du côté où nous nous trouvons, deux femmes sont assises en train de prier. Nous les accompagnons dans la prière un instant. De l’autre côté du rideau, une vielle femme qui est morte il y a une heure.
Nous rendons visite à une petite école dans laquelle se tient la fête des jeunes. Ils dansent, ils font des sketches…Certains reçoivent une récompense pour le tournoi de foot qu’ils ont gagnés : un sac d’oranges et une boîte d’allumettes. Il leur en fait peu pour être heureux.
La mauvaise nouvelle du jour vient de l’agence de transport maritime. On nous annonce un nouveau retard du container, le troisième. On nous demande d’attendre une semaine de plus. Nous envoyons un mail enragé dans lequel nous récapitulons la situation et demandons réparation.

samedi 15 juillet, 16192kms
Réveil calme à Maputsoe, rien de prévu aujourd’hui, on motive Sister Godlive pour venir avec nous voir le barrage de Katse (Katse Dam), qui semble être un monument qui vaille le détour au Lesotho.
2h30 de route magnifique dans les montagnes. Le trajet est juste entrecoupé par ce foutu barrage de police. Bertrand conduit et n’a pas ses papiers. Sister Godlive tente de négocier mais pour le flic l’occasion est trop belle d’escroquer des blancs. Il menace d’aller au tribunal, on lui glisse un billet (R100), il ouvre la barrière et dit que Bertrand peut continuer à conduire sans problème. On arrive au Katse Dam, il est 15h00, les visites q’arrête à 11h, ca bosse ici !!
On observe le monument de loin depuis les hauteurs d’un observatoire. Ce barrage est financé par l’Afrique du Sud et permet d’alimenter en électricité la région. En échange de quoi le lesotho fournit massivement à l’Afrique du sud une de ses seules ressources : l’eau. Elle passe par des pipelines sur des centaines de kilomètres en traversant la frontière. Au retour, on passe par la mission de Mamohau, où se trouvent des collègues de Sister Godlive mais mais qu’elle n’a jamais vu puisqu’elle n’est jamais sorti de Maputsoe. Ambiance glauque, vie extrêmement difficile, reculé de tout. L’électricité n’est arrivé que récemment. On fait un effet notable surs les jeunes adolescentes du coins qui nous suivent à la trace. Retour à Maputsoe, dîner, film et au lit.

Dimanche 16 Juillet 2006, 16192 Kms
Alex est agité dans son sommeil et me réveille en pleine nuit par un « Do you speak english ? », un pur délire comme on sait les faire chez nous. A côté de ça il m’a refilé son mal de gorge, qu’il tenait du Père Emmanuel, qui le tenait de… Nous allons ce matin à la messe célébrée par le père Sébastien. L’église est pleine à craquer, les gens dansent, chantent fort, on tape les percussions. Ca fait plaisir de voir un office si vivant, les 2 heures passent plus vite que d’habitude, et même si on a pas du tout accès à ce qui est dit puisque tout est en basuthu, la langue du Lesotho.
Nous sommes toujours dans une position d’attente, à guetter les nouvelles concernant l’arrivée du Def. Nous n’avions pas prévu d’être sédentaires dans ce voyage. Alors les journées s’écoulent lentement. Je lis au soleil, Alex joue de la guitare avec les gamins ou Brother John. Cet aprèm, nous regardons le grand prix de France de Formule 1. Nous avons la chance d’en regarder une partie de la course avec Sister Helen (au moins 70 ans) qui est une fan de F1 et nous fait ses commentaires avisés sur la course et les pilotes en général. Elle adore « kimi » ! Ses remarques sont assez justes, on peut imaginer qu’un dimanche sur deux, après la messe, elle allume sa télé pour suivre les bolides tourner en rond…
Le week end, les prêtres n’ont pas d’aides pour faire leurs popotes. Nous proposons donc de cuisiner et préparons un graton, moyennement réussi d’ailleurs. Nous discutons ce soir avec les 2 italiennes volontaires du centre, qui nous proposent de faire quelques trucs ensemble dans les jours qui viennent.

Lundi 17 juillet, 16192kms
Rien à dire aujourd’hui, levé tôt pour aller à Standerton en Afrique du Sud , pour aller chercher un Father Irlandais qui vient passer quelque jours au Lesotho. 3 heures de route aller dans un décor de farwest. On passe à l’usine de Bernard dire bonjour, et on rencontre un stagiaire originaire de Bondues à côté de chez nous. On déjeune dans un bon vieux fast-food Spur où ils savent plutôt bien cuisiner la viande, on s’empiffre de spareribs et de toutes sortes de viande. En Afrique du Sud, c’est sûr, la viande ils savent faire ! On rentre à Maputsoe le ventre plein.

Mardi 18 Juillet 2006, 16912 Kms
Après un petit-déjeuner copieux, nous faisons un football avec des gamins. En fait au début on faisait des échanges avec Alex, mais un ballon de foot agit comme un aimant sur les jeunes africains. Ils parlent tous le football et veulent jouer pour montrer comme ils se débrouillent. Nous avons vite assez de monde pour former deux équipes. Les gamins se donnent à fond, mais ils ne sont pas collectifs du tout, ils préfèrent essayer de faire des tours de passe-passe avec leurs pieds plutôt que de construire le jeu.
Father Martin, l’irlandais nous offre un beau polo de football. Nous le mettons pour changer des mêmes fringues que nous portons depuis quinze jours.
Marça, l’une des italiennes nous régalent ce soir avec des pizzas faites maison et un gâteau à la citrouille. Nous passons ensuite la soirée dans la maison des italiennes à discuter de tout et de la vie dans la confrérie. Nous quittons sûrement le Lesotho demain matin.


Mercredi 19 juillet, 16192kms
La journée commençait pourtant plutôt bien. Petit dej costaud avant le long voyage vers Durban. On quitte et remercie les salesiens qui nous ont accueilli impeccablement pendant une bonne semaine. Puis on se dirige à pied avec nos sacs vers la frontière. Ici, les entrées/sorties sont très faciles. On arrive à Ficksburg à la minibus station. Le seul minibus de la journée pour Durban a encore 2 place pour nous. On met nos deux sacs dans la remorque, puis c’est parti. On traverse les montagnes du Drackensberg, toujours dans un style un peu farwest, absolument magnifique. On croise un zèbre au bord de la route. Mes deux voisines sont insupportables. Le simple fait que je sois blanc les gêne considérablement. Elle m’emmerdent pendant tout le trajet, me regarde de façon hautaine. Du racisme basique. Je ne rentre pas dans leur jeu. On arrive finalement à Durban, 5heures après, et après s’être arrêté 2 ou 3 fois le temps que chacun des passagers jettent leurs déchets par terre (ici, le concept de la poubelle, ils connaissent mais ils n’ont pas saisi l’utilité), pause toilette, ou déposer quelqu’un sur la bande d’arrêt d’urgence pour qu’il puisse rejoindre sa maison dans le township qui longe l’autoroute. A Durban, dans la frénésie de la gare routière, on récupère nos sacs et on demande notre chemin au chauffeur. D’après lui la rue dans laquelle se trouve notre backpacker est à 5mn à pied, pratiquement tout droit. Ca semble accessible à pied, on oublie le taxi, de toute façon il n’y en a pas par ici. On marche à peine 30 mètres, quand un homme sur le trottoir, plutôt bien habillé nous regarde fixement, avec insistance. Il regarde nos poches, nous check de A à Z. Je n’aime pas ça, mais en même temps, la majorité des noirs de 5 à 40 ans nous regarde comme ça dans la rue en générale. On arrive à ça hauteur, je le regarde bien dans les yeux pour lui faire comprendre que je le bien remarquer, il se met à nous suivre. Je me retourne rapidement vers l’avant. En 1 seconde, un jeune surgit devant Bertrand avec un couteau pointé sur sa poitrine. L’homme qui nous suivait fait les poches de Bertrand pendant que Bertrand essaye de se défendre. Il se prend des légers coups de couteau sur la poitrine , intimidation à priori. Ils lui arrache son portefeuille, mais Bertrand arrive a le reprendre in extremis et me le balance par-dessus eux, je le récupère en volet me tire en courant (dedans, 1000euros et tout le spapiers de Bertrand et carte de crédit), pendant ce temps là, ils lui prenne l’appareil photos et les lunettes de soleil. Il m’ait complètement impossible de faire quoi que ce soit devant ce carnage. Il est bien connu que si on essaye de se défendre, ils peuvent paniquer et tuer ou blesser gravement, de toute façon ils sont déjà parti. Mais voir son frère se faire attaquer comme ça sous ses yeux, c’est horrible. On est partagé entre l’envie brûlante de leur sauter dessus et l’obligation d’être spectateur. Tout ça se passe très rapidement entouré de centaines de noirs qui regardent la scène, en plein jour, à 17h. Certains avec dégoûts, mais beaucoup avec intérêts voire amusements. Certains se foutent de nous, nous montrent du doigt en se marrant. On marche quelque mètres mais on est comme le taureau dans la corrida qui se prend les coups du torrero pour le plus grand plaisir du publique. Une ou deux femmes viennent nous voir et se déclare vraiment désolée, c’est sympa, mais sur le coup c’est secondaire. Bertrand saigne à la main, la lame du couteau la blessé entre le pouce et l’index, son jean est taché de sang. Il faut vite désinfecté car on ne sait pas ce qu’il pouvait y avoir sur la lame du couteau. Je sors de l’antiseptique et en fout partout sur sa main. 2 flics en moto (Yamaha TTR250) arrive immédiatement, ils savent déjà ce qui est arrivé, ils nous demandent une description des voleurs. Je les décris, ils partent comme des cowboys à travers la foule après nous avoir demandé de les attendre à cet endroit précis. Même impression qu’au Ghana après l’agression, on se sent entouré de fauves près à nous bouffer, on a l’impression que d’autres prépare leur coup. Le cœur bat à 300puls/min. On doit attendre les flics mais c’est trop dangereux de rester à cet endroit. Après 5 à 10minutes, le danger est trop important, quelques femmes nous conseillent de partir le plus vite possible avant que ca ne recommence. Mais aucun taxi à l’horizon. On est obliger de marcher. Sans doute un des moments les plus horribles que j’ai connu, un véritable chemin de croix (la croix c’est notre couleur de peau et tout ce qu’on a sur nous). On marche dans la foule, sur des trottoirs bondés, on se sent suivi. On suspecte tout le monde. Je regarde à 360°partout. On change de trottoir mais celui-ci et couvert, sombre et caché, c’est pire. On se met sur la route, on est peut être en évidence mais au moins on les verra peut être venir. Un homme style indien pas propre et sentant l’alcohol marche à côté de nous, se met à discuter genre sympa, je suis votre nouveau pote. On marche avec lui 5 minutes, il dit qu’il assure notre sécurité et qu’il peut nous emmener à notre hôtel parce qu’il connaît bien la ville. Toujours pas de taxi à l’horizon. Je me rend compte que je l’ai vu plutôt à l’endroit où on s’ai fait agressé. Tout d’un coup un noir de 50 ans sort rapidement de son minibus et court vers nous, il nous dit qu’il a tout vu tout à l’heure depuis son minibus, et qu’il est désolé pour nous, et pour son pays. On se rapproche petit à petit de la plage (peut être une cinquantaine de mètres). On se rend compte de l’embrouille parce que notre lonelyplanet nous indique que l’hôtel est à 1 kilomètre de la plage. On lui dit de laisser tomber, il nous demande de l’argent, on refuse et faisons demi tour rapidement. Il commence à faire nuit C’est la jungle urbaine. On passe devant un supermarché, on demande notre chemin au gardien (blanc), il nous explique difficilement tellement il a bu, mais nous préconise avec son haleine d’alcoolique de prendre un taxi car trop dangereux à pied. Son collègue en appelle un au téléphone. Ce type est né à Durban, il a des cicatrices partout sur le corps et définitivement amateur de picole. Il nous montre un jeune black qui passe devant nous et nous dit : lui, il vous attend c’est sûr, si vous partez à pied, il vous attaque c’est sûr. Le taxi arrive. On monte et indiquons l’adresse. Le chauffeur est très déçu , il s’attendait à une longue course, l’hôtel est à 200 mètres dans cette même rue. On était passé devant avec l’indien bizarre mais il ne nous avait rien dit. L’hôtel, le Banana Backpacker, est aménagé au premier étage d’un vielle et grand immeuble, ancienne ambassade. On rentre à l’intérieur, avec un grand soulagement, la réception nous ouvre la grille. On appelle la police pour s’avoir s’ils ont pu retrouver quelque chose où au moins laisser notre numéro au cas où. Ils décident d’envoyer quelqu’un prendre notre déposition. En attendant on installe nos affaires dans le dortoir, puis on s’installe bar, on fait un billard pour se détendre, on commande une bière. Les flics arrivent vers 20h (1 homme et une femme noirs, parlant zulu entre eux), ils restent dans l’ouverture de la porte. Je me manifeste et dit que c’est moi qui ai appelé. Ils restent devant pendant 10 bonnes secondes sans réagir. Je continue à leur dire qui je suis et que je peux leur raconter l’histoire mais ils ne réagissent pas. L’ambiance est très bizarre, je ne sais pas quoi faire. Les gens du bar demande à ce qu’on aille ailleurs avec les flics pour prendre la déposition. Ils n’ont pas l’air d’apprécier la présence des flics. On s’écarte dans la pièce d’à côté et on se propose de commencer. Et là le flic nous dit : on vient prendre votre déposition, et tout ce qu’on trouve en arrivant, c’est que vous être entrain de vous saoulez. On ne sait pas si on doit rire ou s’énerver. On explique calmement qu’on a pris qu’une bière, pour se détendre après cette dure journée et que ce n’est pas interdit. Il refuse catégoriquement de prendre notre déposition et fait visiblement exprès de ne mal interpréter ce qu’on lui dit. Il veut bien attendre 4 heures, le temps que nous « désaoulions », puis revenir prendre la déposition. On est ok, on prend rendez vous dans 4 heures (à 11h) au même endroit, à l’heur où j’écris, 1h du matin, pas de nouvelles des flics, seulement quelques rats ou cafards qui passent autours de moi. Saloperie de journée.

Jeudi 20 Juillet 2006, 16912 Kms
Je me suis endormi rapidement hier soir, à cause de la fatigue et de l’heure tardive à laquelle on s’est couché. Mais dès 5h du mat’, le soleil et le bruit de la rue me réveillent, et surtout je n’arrête pas de repenser à l’agression et de me repasser la scène dans ma tête. Je refais la scène, chaque moment, chaque geste pour voir comment j’aurais pu éviter le truc, ou mieux m’en sortir. Je sais en tout cas que ma grosse erreur est d’avoir marché dans un lieu « chaud » avec les poches de mon jean pleines. Je savais en sortant du minibus que je faisais une erreur, mais on nous avait dit que le backpacker’s n’était qu’à 5 minutes à pieds de la bus station. Donc je décidais de prendre le risque. Mais il ne m’aura fallu qu’une minute pour me faire plumer…Je sens qu’Alex s’en veut de ne pas avoir pu intervenir pendant l’agression, mais honnêtement il ne pouvait rien faire, ça aurait même pu être pire, sous la menace le gars aurait pu se servir plus sérieusement de son côté. Et puis Alex a quand même réussi à attraper en plein vol le portefeuille que je lui lançais, et ça c’était un beau geste. On s’en veut tellement après un incident comme ça, on a envie de plaquer l’Afrique et on a malheureusement, il faut l’avouer, quelques ressentiments envers les noirs, mais après on se calme et on réalise que ça aurait pu mal se finir, qu’on s’en sort mieux que certains touristes qui visitent Durban en commençant par les hôpitaux.
Nous nous occupons du cas Defender ensuite. On toque à la porte de quelques clearing agencies pour voir si on ne peut pas trouver un meilleur deal que le devis obtenu avec une autre agence contactée plus tôt. Pas moyen, et en plus on nous demande des documents qu’on n’a pas. On rencontre finalement Chris, de l’agence KZN en question. Le type nous parait efficace et compétent, on fera affaire avec lui. J’arrive à négocier 50 Rands sur la facture (soit 6€), autant dire une misère. Mais nous tenons toujours à obtenir préjudice du mois de retard auprès de l’agence de transport maritime PIL, qui est la vraie responsable du mois et demi de retard. Nous avons quelques bons arguments, mais on sait très bien que dans ce business, les retards sont fréquents et que les compagnies s’en déchargent. On nous dit néanmoins que la décision finale nous concernant sera prise à Singapour, siège social de la boîte.
Maintenant il s’agit de trouver un successeur à mon défunt appareil photo, qui lui-même était le successeur de mon appareil volé au Ghana… On apprend qu’il est possible de récupérer la TVA sur les biens durables quand on n’est pas des résidents d’Afrique du Sud. On nous ballade de bureaux en administrations dans toute la ville pour enfin se faire entendre que ces démarches se font à la frontière. En plus de ça, l’offre en appareil numérique n’est pas terrible. C’est donc Héloïse qui nous ramènera un appareil d’Europe. Et tant pis si on ne pourra pas prendre de photos jusque Windhoeck.
Nous avons du temps pour profiter de la ville. Même si on se sent mieux quand on ne porte pas de sac à dos et de choses de valeurs, on a toujours du mal à se promener l’esprit libre dans Durban. On est toujours à l’affût et on se sent partout observé. Nous passons beaucoup de temps au Backpacker’s et faisons la rencontre de Toine, un vietnamien très sympa. Il est fier de nous montrer qu’il connaît quelques mots de français. Ca donne :
- « je travaille […] en Ivory Coast, en Côte d’Ivoire aussi »
- « Mais c’est le même pays Toine »
- « Ah bon ? »


Vendredi 21 07 2006, 16192kms
Nos 2 coloques anglaises rentrent bourrées tard dans la nuit. Elles font un boucan du diable puis se couchent finalement. L’une d’elle ronfle comme un bûcheron. Le réveil soft, suivi d’un petit dej avant d’arpenter le centre ville. On visite un mall, complètement inintéressant, puis le reste du centre ville. Sensation horrible. On est les seuls blancs. Ce qui en soit pourrait ne pas être dramatique. Mais ici, ça l’est. Le danger est permanant. On ne se sent pas vraiment au top. La communauté indienne est très importante à Durban. Ils ne s’entendent pas avec les noirs, mais s’il y en a dans la rue, c’est que le danger n’est pas encore trop grand. On marche quand même plusieurs heures en ville à la recherche d’un nouvel appareil photo. Le choix est vraiment nul ici. Il faut croire qu’ils comptent plus sur le marché noir pour s’équiper…
On rentre au backpacker en milieu d’après midi et discutons avec le frère de Jay (indien, client de l’hôtel). Il est était méchamment attaqué il y a un an. (3mecs arrivent derrière lui, le frappe à coup de matraque. Il sort son flingue et en tue deux, le troisième lui tranche la gorge avec un gros couteau. Il s’en sort difficilement à l’hôpital avec une énorme cicatrice sur la gorge. Coïncidence, l’un des agresseurs est hospitalisé quelques chambres à côté.) Il s’est encore fait attaqué il y 3 mois, un dimanche midi en rentrant de la messe, devant sa port sur le trottoir. 2 mecs bien sapés lui mettent un flingue sur la tempe puis le tabasse pour avoir son téléphone portable. Aujourd’hui, il s’exprime bizarrement, a l’air encore sous le choque. Il veut partir loin d’Afrique du sud, le plus vite possible. On discute avec d’autres voyageurs. Il est déjà trop tard pour ressortir. J’apprends à Bertrand les échecs. Les deux belges du horse trekking de Malealea sont arrivés aujourd’hui et dorme à côté de nous dans le petit dortoir.

Samedi 22 Juillet 2006, 16192 Kms
Nos deux blondes excitées n’ont pas fait de bruit hier soir en rentrant. Elles disent qu’elles sont venues à Durban pour faire la fête. Un peu comme nous…
Nous partons découvrir le bord de mer. En chemin nous croisons deux groupes de jeunes avec des couteaux dans les mains, rassurant. Il fait beau et un le vent souffle. Les conditions sont idéales pour faire du bateau. Mais ici pas de voileux, place aux vagues et surfeurs. L’eau est infestée de requins, mais heureusement des filets entretenus tous les jours empêchent les grosses bestioles de venir goûter au surfeur. Ce n’est pas le cas partout en Afrique du Sud, comme à Jeffrey’s Bay qui est l’endroit où l’on trouve les plus belles vagues du pays.
En faisant notre cuisine, nous rencontrons un gars avec une barbe à la Robert Hue. C’est un russe, qui vient de traverser la Namibie en vélo, et qui vient à Durban pour un colloque international de sociologie qui va se tenir dans les jours qui viennent. On parle de nos expériences et nous montre son vélo. Il me paraît mieux équipé que notre brave espagnol que l’on avait croisé au Mali et qui se dirigeait avec son vélo de 70 kgs vers le Cap. Le Backpacker’s se remplit de sociologues de toutes nationalités venus pour le congrès. On discute comme ça avec une équatorienne.
Cet aprèm je chat pendant une heure avec mon hélo, je la tanne avec mes histoires d’appareil photo, je la brief sur ce qu’elle doit nous ramener. Qu’est-ce que je ferais sans elle…Grosse coïncidence, nous retrouvons dans notre dortoir le couple de belges qui avaient fait une partie de la rando à cheval au Lesotho avec nous. Ils nous proposent de nous passer leurs photos sur CD, il y en a même quelques unes où nous apparaissons. Ce ne sont pas nos photos, mais au moins nous aurons des images des supers moments qu’on a passés pendant ces 2 jours de trek.
Les jours défilent à Durban, on pense tout le temps à notre voiture, on crève d’impatience de pouvoir décoller. En attendant, on joue les voyageurs sédentaires.

Dimanche 23 juillet, 16192kms
L’ambiance est glauquissime en ville est à l’hôtel. La plus part des clients ont déjà été agressé. On ne sort plus, chacun raconte son histoire, elles se ressemblent toutes. Seul change l’accent de celui qui la raconte. Aujourd’hui des flics vont venir prendre la déposition de ce qui se sont fait voler à l’intérieur même de l’hôtel, pendant la nuit. En attendant, on prendre l’air le long de la plage, regarder les surfeurs. En fait on accompagne des françaises (venu pour le grand congrès de sociologie qui ramène les sociologues des 4 coins de la planète) qui n’ont pas trop le courage d’y aller toute seules. Retour à l’hôtel, on lit pour s’occuper. La police arrive et prend les dépositions de certains mais toujours pas la nôtre, ils doivent partir, ils ont reçu un appel sur leurs talkies : un cadavre a été trouvé pas loin d’ici. Un voisin a appelé pour prévenir. Une patrouille passera plus tard pour nous. Quand elle arrive finalement, ils nous disent qu’ils ne peuvent pas prendre notre disposition car la zone de l’agression ne correspond pas à leur zone de travail. Devant notre impatience, il accepte quand même d el apprendre.
Dans la soirée, un homme noir, âgé, pas très propre, vient à la réception demander un chambre pour la nuit. On lui répond que tout est complet. Je m’en rappelle maintenant parce que j’ai 4 lits libre autours de moi, et il y en à d’autres ailleurs dans l’hôtel.

Lundi 24 Juillet 2006, 16192 Kms
On se rend, sans rien dans les poches, chez KZN avec l’espoir d’en finir avec cette affaire de container. Le RDV est à 8h30, on nous fait poiroter jusque 10h. En même temps on essaie de joindre notre banquière en France pour organiser un transfert. On squatte littéralement l’ordinateur et le téléphone de la secrétaire de KZN pour passer des appels internationaux.. Heureusement elle n’a que 18 ans, elle est docile.
Nous rentrons déjeuner à l’auberge pour retourner chez KZN pour les démarches. Le triangle KZN/banquière/Africatrip s’accorde enfin pour organiser la transaction. Tout ça nous a épuisé nerveusement. Mais au moins on sent qu’on commence à voir le bout du tunnel.
Il faut faire du change. C’est un supplice de se promener dans la rue avec du liquide. Surtout quand au bureau de change on nous dit qu’il faut montrer son passeport, que nous n’avons pas. Aller et retour à l’auberge, pour faire durer le suspens. Je mets passeport et liquide dans mon caleçon, au moins là j’ai moins de chance de me faire voler…
Ce soir nous squattons le téléphone de l’auberge pour rassurer tout le monde. Merci à notre grand frère qui nous appelle de Londres et arrive à organiser des conference call, ce qui nous permet de relier Durban, Londres et Lille en même temps par exemple. Ce soir notre vietnamien est en pleine forme.

Mardi 25 juillet 2006, 16779kms
On passe la matinée à attendre la voiture. On attend dans une zone de stockage de marchandise qu’un camion nous apporte notre container. Après 2 heures d’attente à observer l’extrême lenteur des employés noirs, notre camion arrive enfin. On attendait ce moment avec impatience, l’ouverture du container. Un peu de suspens quand même, mais tout va bien, il est sur ces 4 roues, pas de dégât notoire. Par contre, il a beaucoup rouillé. L’air marin ayant pénétrait à l’intérieur durant ces mois de stockage. Même à l’intérieur, on trouve des points de rouille. Les sacs de chaussettes ont pourri, il y a même des racines de je ne sais pas quoi. On refixe les males sur la galerie, on remet de la pression dans les pneus, un peu de gasoil et c’est reparti. On fait un rapide détours au backpacker pour récupérer nos sacs et reprenons la route en milieu d’après midi. Direction Pinetown à 20mn de Durban, où se trouve l’usine de tente de toit Howling Moon. On vient en fait récupérer des pièces pour les Newton (famille qui a fait ce même périple un an plus tôt). L’usine est difficile à trouver. Une Mercedes classe C 180 K nous suit depuis 2 minutes puis elle klaxonne et se met à notre hauteur. Un type d’une cinquantaine d’année nous dit : je sais ce que vous cherchez, suivez moi. Il nous emmène à l’usine, il est en fait le fournisseur principal de l’usine. Malheureusement, il est 16h et l’usine ferme ses portes et la commande n’est pas prête. Il faut revenir demain et donc trouver une place pour dormir dans le coin. David B., le fournisseur, nous propose les clés de son appartement devant la mère, à 60kms. On ne peut pas accepter. Il nous propose alors de venir chez lui au Nord de Durban. On le suit, on arrive dans les quartiers chics, safe et blancs de Durban, une partie qu’on avait pas encore vu. On visite sa maison qui elle aussi a vu sur la mère. Puis on va faire ensemble des courses pour le BBK de ce soir. Ils nous préparent un festin de roi, pleins de viandes excellentes comme ils savent le faire en Af du S. On rencontre leur dernier fils, Michael, 23 ans, rugbyman comme tous ses frères. I nous emmène en boite après qu’on ait pris une douche et qu’il nous habille avec ses propres affaires histoire d’être sûr qu’on puisse rentrer dans cette nouvelle boite à la mode. Lui met des heures a se préparer comme une gonzesse. Il essaye une demi-douzaine de chemises, me demande mon avis. On part déjà bien éméché dans la Mercedes, à fond dans les rues, musique au max, genre teenage américain. On arrive devant la boite, rencontrons ses potes Craig et Reeve. Une queue immense qui ne bouge pas d’un centimètre. On part boire des bières ailleurs puis on se fait un karaoké. On revient à la boite. Des petites minettes partout, ambiances élite blanche de 20ans. Musique pourrie, on reste deux heures puis on se donne RDV vers la plage. Moi et Michael dans la mercedes. Craig, Reeve et Bertrand dans la 206 RC de Reeve. On arrive avec Michael en premier et pas de nouvelle des autres. Michael roule un joint, la 206 arrive une demi heure plus tard, Bertrand furieux….

Mercredi 26 Juillet 2006, 17464 Kms

David nous réveille ce matin à 8h30. Le chat se ballade sur le lit. On s’était endormis presque tout habillés. On est complètement alcoolisés. Lendemain de fête. On a dormi 3-4 heures, en plus on a plus trop l’habitude de boire en quantité en ce moment, et je suis sous médocs. Donc quand on se rend dans la salle à manger, on est pas fier…
Au revoir et échange de contacts, puis on prend la route. Il fait très chaud, on est complètement abattus par notre soirée. Si le Def ne faisait pas tant de bruit, on pourrait entendre les mouches voler. Au passage à la station service, alex, à moitié conscient, plie une poutre métallique d’un grand parasol.
Après 500 kms dans la douleur, la nuit va commencer à tomber. Il n’est pas raisonnable de continuer à conduire. Nous nous approchons d’une ferme traditionnelle pour demander si on peut parker le Def dans l’enceinte pour pouvoir dormir dans un lieu sûr. Les employés noirs s’enfuient à notre vue. Puis j’en attrape une et lui demande d’aller chercher la maîtresse de maison. Les chiens sont surexcités, heureusement qu’une barrière nous sépare. Vient la maîtresse de maison. Au début elle semble un peu perplexe, puis nous lui expliquons notre histoire, elle se détend, passe du même côté de la barrière et nous dit qu’il ne devrait pas y avoir de problème, mais qu’il faut bien entendu attendre la validation finale de son mari qui est encore aux champs. Quand son mari, on s’entend très vite, les chiens se calment, on entre dans la maison, ils nous font visiter le jardin. Ici la place ne manque pas, les hectares se comptent en milliers. Le contact passe, et ils nous proposent de dormir à l’intérieur et de souper avec eux. On n’en demandait pas tant ! Mais on ne refuse pas un lit chaud, surtout par les températures négatives la nuit dans la région, et un bon repas.
Autour d’un thé puis du repas, nous racontons nos histoires respectives. Ils sont extrêmement gentils avec nous, ils nous traitent presque comme leurs enfants. Ce sont des paysans Boers traditionnels. Leurs ancêtres sont arrivés au pays il y a plusieurs générations. Eux sont nés ici, ils aiment leur pays, mais ont besoin de parler du problème de cohabitation avec les noirs. Pour nous il sort une grande variété de biltong fait maison, un délice. Avec eux nous regardons les programmes à la télé, en Afrikaans. On ne comprend rien, mais c’est pas grave, on est en immersion totale. Le soir nous nous endormons sur un matelas électrique chauffant, un classique ici.

Jeudi 27 juillet 2006, 18054kms.
Jorrie nous réveille à 6h45, déjà prés à partir dans les champs. On boit une petite tasse de thé puis il nous emmène traire les vaches avec ses 4 employés basotho (originaire du Lesotho). On remplit 4 seaux plein de lait chaud. Puis on part en pick up à travers les champs pour aller voir les troupeaux. Il a 500 hectares et 80 vaches ce qui est une petite ferme pour l’Af du S.
L’image du troupeau qui arrive vers nous, levant un nuage de poussières dans les premier rayon du soleil : c’est absolument magnifique. On rentre à la maison, Wilna nous prépare avec ses employés un superbe petit déjeuner. Le plat typique ici, c’est le maïs blanc pilé, cad le pooridge local, qui tient bien au corps pour une dure journée de travail. Les employés en mangent matin, midi et soir. On l’assaisonne de sucre et de lait mais on le mange aussi salé ensuite avec des saucisses faites maisons, les Boerderwurst, avec des toast, des œufs et du fromage. On prend ensuite une douche rapide et Jorrie nous fait visiter ses ateliers et nous explique comment marche le business de fermier. Avant de les quitter sa femme nous offre un sac rempli de bonne chose : Beef Biltong, Kudu Biltong, Cookies, pèche confite, concombre et cornichons marinés. C’est bon ça ! On reprend la route vers 9h30 sans s’arrêter jusqu’à 17h, si ce n’est pour une rapide pause déjeuner. Arrive le moment de trouver un endroit pour dormir. Mais pas de fermes dans le coin. Après la minuscule ville de Three sisters, on trouve un panneau Thornhill Game Ranch. On va voir au cas où mais ça semble très haut de gamme. Et effectivement à R2000 la chambre, ca n’est pas pour nous. Mais quelle chambre !!! La gérante nous explique que son Lodge 4 étoiles perdrait du cachet si elle nous laissait dormir dans notre voiture même dans un coin très isolé. Et ce même si elle n’a pas vu un client depuis des jours. Dommage, l’endroit est charmant. Elle nous recommande la station Service Shell a 10kms. Elle nous donne le nom du gérant qu’elle semble bien connaître : Christo Herbs. On se gare sur le parking de la station et partons prévenir le gérant. Il nous donne quelques recommandations. Il nous met en garde contre les températures négatives de la nuit et l’état très sales des douches utilisées par les routiers (de toute façon, on n’avait pas l’intention de les utiliser). Finalement, il nous dit d’attendre la fin de son service et nous invite à prendre douches et apéros chez lui, dans sa maison à côté de la station, au milieu de ce désert du Karoo. Sa femme nous accueille, on prend nos douches et discutons autour d’un verre un long moment. On parle du pays, de leur problème avec les noirs, mais aussi les endroits incontournables du pays. Finalement, il nous invite vivement à rester dormir. Ce que nous acceptons avec joie étant donné le froid qu’il fait dehors, et le bordel qu’il y a dans le def. Les Afrikans sont décidemment très accueillent. Ils leur faut un peu de temps pour se rassurer, ce qui est très compréhensible dans ce pays, puis ils ouvrent grand leurs portes. On gare le def dans leur jardin puis on se couche dans un lit tout chaud grâce au matelas chauffant

Vendredi 28 Juillet, 16192 kms
Une nuit comme on ne pouvait en imaginer. On avait prévu d’affronter les températures presque négatives du Karou à cette époque de l’année, au lieu de ça nous avons profité toute la nuit de la couverture électrique chauffante mise à notre disposition pour nos hôtes d’un soir.
Nous nous mettons vite en route pour avaler le plus rapidement possible les 530 kms qui nous séparent du Cap. La route est vraiment splendide, nous profitons des couleurs magiques du lever du soleil. Magique mais aussi monotone, le Karou est un désert de cailloux et d’herbes sauvages, pas de dune ni de caravane de nomades dans ce genre de désert…On n’a le temps de compter les cailloux à 90 km/h…On ne veut pas brusquer le Def qui sort d’une hibernation de 2 mois dans sa boîte en métal. En tout cas pas avant de lui avoir fait un check up complet.
Avant de toucher à notre but, nous faisons une halte à Stellenbosch, au lieu du vignoble sud-africain, situé à l’ouest du Cap. La route pour y accéder est très agréable, près de Praal nous observons des babouins qui fouillent dans les poubelles qui bordent la route, ils ne sont pas effrayés du tout, ils ne se décallent pas d’un centimètre quand les roues du Def les décoiffent en passant. Plus on s’approche de Stellenbosch et de Franshoeck (« le coin des français » en afrikaans, concrètement là où les français s’étaient installés en arrivant dans le pays) plus on peut voir les vignobles qui s’étalent sur des hectares, et les maisons de vignoble qui vous invitent à faire des dégustations. Nous en choisissons une, « Kanu » (du nom d’un oiseau, dont on dit que passer sous son ombre quand il volait portait chance). Nous dégustons des vins de toutes les couleurs : rouge, blanc et rosé et repartons, l’esprit égayé, avec 2 bouteilles en poche. Une pour nous, une pour nos prêtres que l’on va retrouver ce soir.
Nous nous enfonçons dans des les embouteillages de Cape Town, sortie du boulot heure de pointe, en gardant Table Mountain comme cap. 17h30, nous retrouvons nos sages connaissances du début du mois. En une demi-heure, nous avons chacun notre chambre et un repas chaud et complet sous les yeux. On se sentirait presque à la maison ici !

samedi 29 juillet 2006, 180015kms
Après le petit déjeuner pris dans la salle commune, on part sous la grisaille visiter la péninsule du Cap. Il est tôt, il fait froid et moche et pourtant des dizaines et des dizaines de locaux (blancs, nous sommes dans les beaux quartiers une fois qu’on quitte le centre vers le sud) sont déjà dehors entrain de faire du sport, beaucoup de cyclistes, de joggeurs, certains prépare leur moto, d’autres leur planche de surf. Ca bouge le WE ! Les vagues sont énormes, on comprend pourquoi la région est réputée pour le surf. On longe cette magnifique route de côte aux propriétés somptueuses. C’est une partie de Capetown qu’on ne connaissait pas encore. Et on peut dire que c’est définitivement la ville à retenir en Afrique du Sud. On arrive à Chapman Peak Drive, une partie de la route tellement sympa qu’ils lui ont mis un péage. Et on a pas d’appareil photo…. Arrggghh. On croise encore quelques vignobles et quelques fermes d’autruches, puis on arrive dans le Parc naturel du Cape de Bonne Esperance. On roule quelques kilomètres à travers cette nature bien préservée. La péninsule se fait de plus en plus étroite. On pose la voiture, pour continuer à pied, on grimpe vers l’observatoire. La vue des deux océans (indiens et atlantiques) qui fusionnent est géniale, la falaise est attaquée par les vagues. On essaye d’apercevoir des baleines, dauphins ou phoques, mais d’ici on ne voit pas grand-chose. On déjeune sur une autre partie de la péninsule, entre une AC cobra et un def 110 2,8i d’un Safari tour SudAfricain. On fait un peu attention aux singes qui rodent en masse dans le coin à la rcherche de nourriture, ils peuvent se montrer assez violent parfois.
On rentre vers Capetown en passant par l’autre côté de la péninsule, on passe près d’une zone réputée pour ses pingouins, mais personne aujourd’hui apparemment. En tout cas les defs par ici sont très nombreux.
Retour à DB, on remet de l’ordre à l’intérieur du Def, puisqu’on s’apprête à revivre dedans pendant plusieurs mois, il faut ranger cette énorme bordel, il y a trop de chose dedans. Et tout est tellement sal et poussiéreux. On dîne en « faisant des réserve » tellement c’est bon. On profite de nos derniers petits plats chauds où il n’y a plus qu’à mettre les pieds sous la table.

Dimanche 30 Juillet 2006, 18751 Kms
Nous quittons ce matin comme prévu l’institut Don Bosco du Cap, pour prendre la route en direction de la Namibie. Nous discutons avec un des frères qui a travaillé dans l’ingénierie dans l’aviation civile il y a des dizaines d’années, et qui s’intéresse à l’aménagement et l’équipement du Def.
Sur la N7 qui nous mène plein Nord vers la Namibie, nous allons traverser le Western Cape, une des 9 provinces d’Afrique du Sud. Nous allons surtout nous plonger dans le Namaqualand, région réputée pour les fleurs qui viennent tapisser les immenses étendues de cette région à partir du mois d’août. C’est d’abord un brouillard épais qui nous accueille. L’atmosphère est très humide, la végétation qui ne manque pas d’eau est verte, ce qui contraste avec ce qu’on a vu dans le reste du pays. Nous atteignons à un moment une certaine altitude, ce qui nous permet de sortir la tête des nuages et d’observer une vue magnifique : une brume dense, coincée dans la vallée, ce qui ressemble de loin à une tasse de capuccino avec une bonne couche de chantilly. Nous croisons un groupe de motos, nous sommes presque certains que ce sont les motards de Kudu Expéditions que nous avions croisés à la Mole Game Reserve dans le Nord du Ghana. Ils étaient partis de Londres pour rejoindre le Cap en 5-6 mois. On se croise le jour de leur arrivée au Cap, de leur fin de voyage, nous quittons le Cap, symbole du début de notre longue remontée vers la France…Vient ensuite e fameux Namaqualand et ses paysages que l’on voit dans tous les magasins de carte-postale du pays. Les fleurs sont en abondance, elles ont un mois d’avance sur leur floraison habituelle, grâce aux pluies abondantes qui sont tombées cette année.
Nous n’arriverons pas à temps pour passer la frontière de jour, et notre expérience nous dit qu’il n’est jamais bon de se présenter à un poste frontière africain le soir (cf. le passage Mauritanie/Sénégal). Nous nous mettons en quête d’un plan pour la nuit. Nous demandons à des gens qui sont arrêtés pour regarder les fleurs (et qui roulent en Def, tjrs un moyen d’approche…) si ils connaissent un coin safe pour passer la nuit. Ils nous conseillent d’aller voir un fermier qui habite à quelques kilomètres. Ce qui nous mène chez Jilio (je suis quasiment sûr que ça s’écrit pas comme ça) et sa femme qui nous proposent très vite son hospitalité, ou peut-être que c’est nous qui arrivons à lui faire comprendre que par les nuits fraîches actuelles, on serait mieux à l’intérieur…Notre discours commence à être bien rôdé maintenant. Nous leur offrons une bouteille de rosé et entamons la discussion. On parle bien entendu des noirs et très vite ils nous disent les problèmes qu’ils causent et le traitement de faveur que le gouvernement leur accorde. Puis Jilio nous emmène en pick-up faire un tour de ses 5000 hectares, y a du terrain. Mais la majorité n’est pas cultivable puisque ce sont des montagnes. Nous empruntons des chemins assez difficiles pour atteindre une hauteur de 700m d’altitude, avoir une vue magnifique. Jilio est tout fier de nous montrer le petit coin de paradis qu’il s’est aménagé pour faire des barbecues en été. Et il a bien raison. Nous redescendons pour le dîner. Un gros pain fait maison constitue le principal de dîner. Pour ce qui est de la boisson, ce sera l’eau de pluie que l’on récupère dans un seau. The simple life. Avant d’aller se coucher, on regarde le film Terminator 3 avec Jilio et sa femme. Le film est vraiment pas bon, mais regarder ça dans un salon ultra kitch, chez des paysans su fin fond de l’Afrique du Sid, c’était une expérience.

lundi 31 juillet 2006, 18983kms
Un petit déjeuner qui ressemble au dîner d’hier soir nous remplit suffisamment l’estomac pour conduire de longues heures. On quitte ce charmant couple Hanekom, et prenons la direction de Springbok sous la pluie. On s’arrête à Springbok, pour mettre une peu de gazoil, juste assez pour aller en Namibie puisque là bas le gazoil est supposer être moins cher. On fait également du change puisque le rand sud-africain est accepté partout en Namibie, c’est le même taux que le dollar namibien. Un petit tour à la poste et au supermarché. Cette ville est principalement habitée par des coloured. Le namaqualand est leur région d’origine. Ces gens ont un physique incroyable, métissage entre les blancs et les noirs il y a très longtemps. Aujourd’hui, leurs traits de visage sont très particuliers. Je n’avais jamais vu ça. De loin, ils peuvent être si clairs qu’on pourrait les prendre pour des blancs. Imaginez un noir à la peau très claire, des yeux plissés voir bridés (je ne sais pas d’où ça vient), et un petit nez fin et des cheveux crépus. Parfois ils ont l’air de vieil indien navarro, parfois de mongoles foncés, parfois, d’extraterrestre…. Il faut avouer qu’ils sont dans l’ensemble très moches. On quitte cette ville pour se diriger vers la Namibie. Le passage de frontière se fait bien. On récupère même la TVA de nos achats fait sur

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