
Mercredi 1er mars, 3113 kms On dort finalement de mieux en mieux dans ce def, au fil des nuit, sauf que tout est trempé à cause de la condensation et des pluies de la veille. Sensation un peu désagréable, mais une bonne journée de soleil suffira a sécher tout ça. Petit déjeuner en plein dans la rue, ca nous est possible seulement parce que les seuls passants sont des gardiens de maisons dans ce quartier qui est sûrement le plus chics de la ville. Et notre ami nordine ne tarde pas à revenir nous saluer et d’y aller des ces théories : « Mohammed 6 est un bon roi comme tout les autres d’ailleurs, je ne mange pas de choses chimiques,etc… ». Tout est dit avec tant d’effort et de convictions qu’on acquiesce pour ne pas trop le provoquer. Direction l’ambassade du Ghana pour prendre des nouvelles du visa. Et bien non, toujours rien, il leur manque une preuve comme quoi nous avons bien un contact qui nous attend là-bas. On passe une tonne de coup de fil vers Ghana et France pour se trouver un contact. Mais les communications sont chères et mauvaises avec notre tel satellite. Finalement on obtient un fax à 15h, quelques minutes avant la fermeture de l’ambassade, d’une société d’accra (la capitale du Ghana) dont le gérant (une connaissance d’un ami de papa) affirme nous attendre volontiers. L’assistante de l’ambassadeur toute timorée, parlant mal l’anglais, prépare les passeport puis viens nous voir en bredouillant qu’ils vont fermer et qu’il faut repasser demain. Je peine à garder mon calme, lui demande si elle blague, lui explique que j’attend ce simple tampon depuis deux jours, et qu’elle n’a besoin que de dix secondes pour me le donner. Rien à faire, elle me redonne les passeport et se dit désolée. Je les feuillette et trouve et y trouve stupéfait mon visa pour le Ghana. A peine le temps de lever les yeux vers elle, qu’elle était déjà partie en pouffant de rire…. On passe dire au revoir à notre pote Nordine qui nous affirme « Tu ferais de moi une très grande joie si tu m’appelles quand tu es en France » Puis même phrase en anglais, puisqu’il aime bien nous montrer qu’il a étudié l’université avant d’arrêter ses études pour problèmes financiers. Puis on prend la route vers Casablanca pour récupérer ce fameux visa mauritanien. On fait en profite pour suivre deux camping car français qui connaisse un bon camping plein centre ville !! Sexy !! L’arrivée dans Casa est impressionnante, le plus grande ville du pays, pas le plus grand bordel mais presque, et surtout moderne et moche. On s’installe au milieu des français, néerlandais, anglais (en def forcément) et autres roots sans nationalités…. Jeudi 2 mars 2006, 3113 kms Lever ce matin avec la même intention que les jours précédents : en découdre le plus vite possible avec nos histoires de visa. Mais encore une fois il faut savoir se mettre au rythme de l’Afrique et patienter 24h pour avoir le précieux document. On reste donc 1 journée de plus dans le camping international de l oasis et on profite pour prendre une douche, faire les pleins d’eau et une lessive. Cette pause forcée trouve finalement ses avantages. D’autant plus qu’on en profite pour visiter Casa, avec deux Backpackers français, Alain et Augustin que l’on a rencontrés dans le camping. Le principal attrait de la ville est la gigantesque mosquée Hassan II, située au Nord de la ville. C’est la plus grande mosquée du monde musulman, elle est vraiment magnifique ; construite en partie sur l’eau, 7 ans de travaux, minaret de 200 m de haut, 600 millions de $ d’investissement, payé par des souscriptions (islamiques) internationales… Le reste de la ville, qui est pourtant la capitale économique du pays, nous étonne par son faible coût de la vie : 2 courses de taxi pour 2,4€, repas ultra nourrissant avec plat + dessert pour Alex et moi pour 1€, thé à la menthe pour 40 cts… Relatif bien entendu, car nous regardons ces prix avec nos yeux d’européen. Petite curiosité, la Fnac s’appelle au Maroc la Fnag, allez savoir pourquoi. Autre surprise : en déambullant au hasard des rues à la recherche d’un café pour prendre un thé, on se laisse tenter par une adresse, on rentre et on se fait vite accoster par une fille. C’est en fait une prostituée. Si vous croisez une femme dans un bar dans un pays musulman, alors vous êtes sûr qu’elle ne vous veut que du bien… Séjourner au camping nous permet aussi de croiser d’autres Def préparés par des passionnés, notamment des Sudafricains que l’on avait croisés à Tarifa et qui font le voyage du UK jusque chez eux, sans prendre le bateau. Ce qui nous fait un peu réfléchir sur notre itinéraire…On en profite pour discuter mécanique et essayer d’attraper le maximum d’infos sur deux points qui nous inquiètent un peu sur le Def : la pompe à gasoil qui chante et l’hypothèse d’un changement d’émetteur d’embrayage. Une semaine que l’Africateam est en route et cette première journée d’arrêt nous donne des fourmis dans les pattes et nous donne de plus en plus envie d’en découdre avec les vraies pistes du Maroc, les « scenic routes » comme l’indiquent les cartes en Anglais. Vendredi 3 mars 2006, 3427 kms Ca c’est une journée africaine comme on les attendait !!! On lève le camp tôt se matin pour aller chercher nos visas qui doivent être prêts. Manque de pot, l’ambassade mauritanienne a plusieurs heures de retard, on en profite pour faire équilibrer une de nos roues de secours. En scrutant les dessous du def, on s’aperçoit qu’un des ressorts arrières n’est pas installé correctement, il sort de sa base en bas, et ne travaille pas dans l’axe. Comme on a un peu de temps à perdre, c’est parti, atelier mécanique en face de l’ambassade, sur un grand boulevard de casa. On demonte la suspension pour la remettre correctement. On reste dubitatif sur notre manœuvre mais ca a l’air de fonctionner normalement maintenant. Deux sud-africaines voyageant en def 110 300tdi prennent de nos nouvelles et nous proposent de se revoir bientôt sur les routes mauritaniennes. Visas récupérés, on prend la route vers le Haut-Atlas, avec au programme nos premières vraies pistes marocaines. Sur la route quelques courses locales : du pain marocain et des oranges achetées devant l’orangeraie. Et ca y est, on entame en milieu d’après midi un ascension interminable dans la montagne, le def est vraiment trop chargé pour les côtes, il faut revoir notre chargement en prévision des dune de sables. On passe des dizaines et des dizaines de col pour s’enfoncer dans cette magnifique montagne, au décor mêlant Corse, Canada, Colorado, mais on imaginait pas ca en Afrique. Vu la consommation du def dans ces conditions, et le temps que ça prend, notre programme n’est pas au point, il nous manque une marge de sécurité pour espérer relier l’étape de demain, et aucune pompe ne se trouve sur notre chemin… On croise les doigts pour que le plus gros des minuscules villages longeant cette piste puisse nous dépanner. C’est jour de fête dans ce village, c’est le souk nous dit un habitant. (Effectivement c’est le bordel). La petite centaine de villageois est réuni sur une placette plutôt insalubre, transistor à fond. Donc, inévitable, tout le monde s’attroupe autours de notre def, et pourtant ils sont habitués au Landrover, il doit bien avoir 20 séries autours de la place, soit 50% des voitures du village. Des dizaines de personnes squatent autour de nous, un peu oppressant et impressionnant (ils ne sont pas tous présentables), mais a priori pas méchant. On reste prudent avec nos affaires peros. On négocie 50 litres de gazoil sortie d’un gros bidon, la resèrve du village. Le gazoil, plus cher que dans le reste du pays, est tansvasé dans des bidons plutôt douteux. C’est le prix à payer pour ne pas avoir était plus prévoyant. A la sortie du village, on ajoute une double dose d’additifs pour compenser l’éventuelle mauvaise qualité de ce carburant. On continue la route direction la cathédrale des roches, une énorme et magnifique montagne d’une couleur orange sortant plutôt du lot vu que ses voisines sont vertes et noires avec de la neige. On installe un bivouac dans une foret entourant cette « cathédrale », préparons notre diner avant une nuit bien fraîche vue l’altitude. Samedi 4 mars 2006, 3700 kms En vivant en pleine forêt on est bien forcés de s’adapter au rythme de la nature, du soleil surtout. Avec un coucher à 18h30 et un lever vers 6h, on prend un rythme de petit vieux…Mais on a tous les deux mal dormis, Alex et moi avons hâte de lever le camp ce matin pour reprendre les routes de l’Atlas. Il fait frisqué au réveil, le thermomètre indique 2°…Peut-être ce qu’on aura de plus froid pendant tout l’Africatrip. Le Def est à l’honneur aujourd’hui ! Dans bien des endroits le passage se fait limite. On emprunte une route qui est en train d’être faite en plein milieu de la montagne, il faut parfois attende que les pelleteuses fassent le chemin pour nous pour que l’on puisse progresser. Et à chaque fois les marocains le font avec sourire... C’est aussi l’occasion de faire nos premières traversées de (petits) torrents, toujours sympa. Sur ces routes terreuses et humides, le Def arbore sa nouvelle peinture, recouvert de boue on ne voit même plus la plaque d’immatriculation. En faisant le tour de la voiture on s’aperçoit que la main meneuse arrière droite n’était pas bien serrée et que du coup l’huile du pont fuyait doucement. A surveiller ! Malgrè le soleil qui brille sur l’Atlas c’est la neige qui va bouleverser notre itinéraire. Comme il a neigé plusieurs mètres récemment, la route d’accès à Azilal est bloquée, on est donc obligé de faire demi-tour et reprendre la route qu’on avait faite depuis la veille. Petite frustration, même si les routes sont magnifiques. On casse notre marchepieds arrière dans cette manœuvre forcée. C’est aujourd’hui la dernière étape avant de filer vers Marrakech et on décide de se poser se soir sur le site des cascades d’Ouzoud (olivier en arabe, car les chutes sont autour de plantations d’oliviers). Nous installons notre campement dans un champ, près d’un sentier. On espérait trouver un endroit plus discret, mais on ne voulait pas se mêler avec tous les camping-cars parkés au village d’Ouzoud, et le fait de s’installer à la nuit tombée et de partir tôt le matin nous fait penser qu’on arrive au moment où les gens sont déjà chez eux. dimanche 5 mars 2006, 3924kms 7h du mat, réveil pluvieux, on s’active un peu vu que le sol sur lequel on est installé n’est pas très porteur, on sort du champ d’olivier avant qu’il ne soit trop gorgée d’eau. La visite des cascades d’Ouzoud est un agréable moment. On arrive directement en haut des cascades et après avoir refuser les nombreux faux guides, on entame une petite session de marche sportive pendant une bonne heure pour descendre tout en bas des cascades, traverser la rivière sur un petit pont balayé par le souffle de la cascade, puis remonter le long des nombreux magasins pour touristes. On croise de nombreux marocains qui visitent comme nous, mais ce ne sont pas des marocains du Maroc, ils sont souvent des français ou viennent d’autres pays européens, et viennent faire une petit retour au source. Ils sont directement reconnaissables par leur façon de s’habiller très fashion, de parler très fort. Les locaux n’apprécient pas vraiment en générale que les marocains, partis vivre ailleurs viennent parader avec leur niveau de vie supérieur, affichant de manière provocante un éventuelle réussite. En tout cas, belles cascades. On reprend la route vers Marrakech. En arrivant dans la ville, on s’installe dans un camping, pour se reposer un peu. On rencontre alors un français retraité qui fait le tour du monde dans son def 300tdi 110, aménagé impeccablement, et ranger avec une rigueur militaire, bien loin de notre joli petit bordel. Nous prend soudain une envie d’ordre et de propreté. On profite donc de se temps libre pour revoir nos aménagements, mettre le poids le plus bas possible, rendre les choses les plus utiles très accessibles, etc.… S’installe alors à côté de nous un jeune couple hollandais qui vient de traverser l’Afrique de l’ouest dans une vieille Landrover Série, ancienne ambulance. L’occasion d’inviter notre retraité et nos deux bataves pour un bon apéro, et ça y va de l’anecdote incroyable aux conseils avisés du vieux briscard. Lundi 6 Mars, 3925 kms Au programme du jour : visite de la ville de Marrakech, et surtout de sa fameuse place Jamaa El Fna, lieu international de la négociation. On savait qu’on serait à l’aise… Le camping est situé sur la route de Casablanca, à environ 7 kms du centre ville. Pour s’y rendre, nous faisons du stop. En 1 mn nous sommes ramassés par un jeune marocain de casa, qui fait ses études à Marrakech. Il vient très vraisemblablement de la société aisée de Casa, il roule dans la dernière Mégane, et les regards des autres marocains vers lui trahissent ses origines confortables. Marrakech est une ville très agréable pour déambuler, plus que Casa ou Rabat. L’arrivée sur la place Jamaa El Fna se fait par la grosse artère Mohammed V. Arrivés sur la place, on regarde rapidement les siffleurs de serpent, les conteurs, on se fait accoster par les vendeurs de jus d’orange ou les femmes qui font des tatouages au héné. Puis on pénètre dans le dédale du souk. On se laisse porter par le flux des personnes, des mobylettes. On arrive même dans des quartiers peu touristique, où je me reproche de prendre en vidéo la décapitation d’un mouton (qui est déjà mort…) ; on essaie de nous embarquer dans une visite des tanneries…Cette ballade nous met HS et nous ouvre l’appétit. On se pose alors dans un ptit resto pour prendre Tajine + Rhousa + thé à la menthe, le tout de bonne qualité, qui remplit bien l’estomac et donne l’agréable sensation d’avoir mangé local ! Avec cette énergie on décide de s’offrir une négociation, une vraie. On cherche tous les 2 un chech, alors c’est parti ! Quelques petits commerçants où on chauffe notre discours et surtout on repère les prix pratiqués par rapport aux produits. Puis on trouve exactement ce qu’on veut. Le vendeur nous demande 300 Dhs pour deux chechs. Après un « parce que tu es mon ami » ou encore « dans le monde y a trois voleurs : les américains, les anglais et les israéliens, toi tu es français c’est bien », on arrive à repartir avec nos foulars pour 100 DHS. C’est pas mal puisqu’on nous a dit de ne jamais payer plus de 60% du prix annoncé au début. Mais je suis convaincu qu’on pouvait encore mieux faire… Passage à la poste pour écrire 2 cartes postales puis retour au camping après une séance de stop assez mythique où 2 marocains nous emmèneront jusqu’au caming, gratos alors que ce n’est pas leur chemin, dans la benne arrière d’une camionette format micro-machine. A la marocaine… |