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France - Lille


de Africateam, 22-11-2006

Sur la route du retour


Mercredi 8 Novembre 2006, 38050 Kms
Cette fois-ci, on pourra donner une bonne note à l’accueil de la station service. La brave femme qui tient les rênes nous propose du thé le matin. On passe un petit moment avec elle à discuter. Elle parle un petit anglais, nous raconte son voyage en Europe et s’efforce de nous expliquer que le monde occidental garde une mauvaise image de la Turquie, on la voit trop comme un pays arabe avant tout. C’est vrai que la position de ce pays et délicate : pont entre l’orient et l’occident, mais qui aimerait surtout se rapprocher de ce dernier. La très grande majorité est musulmane, mais ç’est un islam plus souple. Cette dame nous donne aussi des conseils d’orientation et nous donne généreusement une carte.
Même muni de cette carte, l’orientation est un sport et la circulation une discipline…qu’ici ils n’ont pas apprise. Il faut être très vigilent, d’autant plus que nous roulons sans assurance. Nous cherchons la concession Land Rover pour quelques bricoles. Nous nous engluons dans le marasme du trafic. Quand enfin on trouve la concession BMW (qui est encore ici liée à Land Rover, ce qui énerve sérieusement les gens de chez BMW siège), on nous explique difficilement que le garage est plus loin. Frapper à différentes portes, différents magasins pour trouver mon chemin me donne un contact très rapproché avec les gens d’Istanbul. Je remarque qu’ils soignent beaucoup leur look, et certaines femmes, très/trop maquillées seraient admises facilement au musée Tussaud. Une fois la concession Land Rover trouvée, je veux m’assurer de faire une manœuvre moi-même car je ne leur fais pas confiance. Ils ne me donnent pas les bons outils et j’abîme la vis de remplissage d’huile de la boîte de vitesse. Je m’emporte et je m’en veux de faire du mauvais boulot.
Puis nous entrons dans Istanbul, le vrai, l’ancien, celui qui une fois s’appelait Byzance ou Constantinople. On n’a encore rien vu mais déjà la ville nous charme par ses petites ruelles, ses grandes mosquées, son animation. Elle a en plus ce charme qu’ont toutes les grandes villes qui ont la chance d’êtres coupées par de l’eau. Nous en profitons pour faire un saut dans un internet café. Enfin un vrai débit, ça faisait longtemps. On donne, prend des nouvelles et prépare l’arrivée de mon Hélo et des parents dans deux jours. Mais avant l’orgie de visite, bonne bouffe et de confort, nous devons encore maintenir notre mode de vie de gitan encore deux jours. Ce soir encore c’est station service, le seul hôtel/parking/toilettes gratuit pour nous. Mais un parking dans Istanbul est un parking de luxe, puisqu’il nous offre la vue sur le bosphore.

Jeudi 09 novembre 2006, 38050kms
Ce matin, nous laissons la voiture à la station service, considérant qu’elle est à peu près en sécurité à cet endroit. Nous décidons de passer la journée à déambuler dans les rues d’Istanbul, le vieux Istanbul, la partie européenne en fait. La Turquie est un pont entre l’Europe et l’Asie. Istanbul est le point concret de ce pont. La ville est totalement traversée par un bras de mer, la partie ouest de la ville s’appelle la partie européenne, et l’est, la partie asiatique. C’est bien, ça leur donne l’impression d’avoir un pied en Europe. D’ailleurs la manager Havva de la station BP avait insisté pour qu’on n’associe surtout pas la Turquie aux pays arabes. Donc nous marchons au soleil, d’abord le long de la mer et en fin respirer un air très pur, plus pur que celui des stations ! Des centaines de bateaux fourmillent devant nous transitant ça et là, attendant des permissions d’amarrer ou de traverser…. On arrive près d’un pont, une des jonctions entre l’Europe et l’Asie. Ca fourmille de petit vendeur ou voleur à la sauvette, pécheur amateur, du kebab en veux tu en voilà, bref ça fourmille. On aperçoit autour de nous des dizaines de mosquées gigantesques et impressionnantes, qu’on se réserve pour les jours qui arrive. Le seul but de la journée est de marcher, marcher et encore marcher dans la ville, juste pour s’en imprégner et mieux la comprendre ensuite en la visitant en profondeur. On traverse un petit mais bien agréable souk, qui regorge de pâtisserie que je n’avais encore jamais vu. On s’est imposer de sortir sans argent pour ne pas succomber à la tentation. On a bien fait ! On sort par une petite porte de ce souk, qui nous amène à une place calme, qui donne sur l’entrée latérale d’une gigantesque mosquée. On s’assoit sur un banc pour observer les gens d’Istanbul. Le muezzin appelle à la prière, s’en suit le va et viens des musulmans qui vont prier. Nous nous infiltrons ensuite des les ruelles qui remontent vers les hauteurs du quartier, pendant plusieurs minutes, on ne voit que des petites échoppes vendant tous la même choses, pyjamas, sous vêtements, habits hommes femmes, tous cheap, tous identique, tous pas plus grand qu’un vendeur de Kebab, et tous plantés sur le bat de leur porte harcelant le passant pour lui vendre quelque chose. On se demande comment ils font pour se démarquer des autres, ils crient de plus en plus fort, voire même attrape le bras du passant. Je ne sais pas si ça marche chez eux, mais nous, ça nous semble provoquer l’effet inverse, rédhibitoire, on accélère le pas. On arrive alors vers d’autre mosquée, d’autres parcs, d’autres fontaines. Cette ville a définitivement quelque chose d’unique et qui attire les artistes. On voit se multiplier les magasins d’équipement de peintures et de dessins. On retourne à notre bonne vielle station, c’est bon le def est toujours là. Avant que le sol il se couche, on profite des derniers rayons en s’asseyant sur la longue digue devant la mer. Un homme noir est assis comme nous, vingt mètres plus loin, et me fixe depuis un bon bout de temps. Il décide finalement de s’approcher et me demande si je parle anglais, j’acquiesce. Il se réjouit : « bien alors on a qu’à discutait ensemble ». Il est plutôt bien habillé et souriant, ce n’est pas un mendiant, mais il n’est pas là par hasard, je le laisse s’assoire sans rien dire. Il me demande ma nationalité, « waouh, la France…super ». J’essaye à mon tour d’en apprendre plus sur lui. Il est éthiopien, réfugié politique en Turquie ». Je le vois venir. Après quelque mots échanger à propos de son pays (les africains adorent qu’on parle de leur pays), et du mien (les africains adore qu’on les fasse rêver à propos de nos pays), je mets carte sur table avec lui : « pour venir en France, il te faut un visa difficile à obtenir, un travail et pour cela, tu dois parler un français correcte et des qualifications, tu n’as ni l’un ni l’autre, tu paieras un loyer cher que tu ne pourras t’offrir sans emploi. Bref, l’Europe c’est plus dure que tu ne crois ». Très attentif à toutes ces informations, il fait mine, autant que possible de ne pas être déçu mais il sait qu’il va devoir revoir sa copie… Il n’a pu beaucoup de question à me poser, me serre la main chaleureusement et s’en va tout penaud. Au moins je lui aurai épargner les heures de blabla inutile pour qu’à la fin seulement il me demande un visa et de l’argent. On rentre à notre voiture, dînons ; on s’engueule rapidement avec le monsieur pipi qui ne nous laisse plus passé tant qu’on ne paye pas nos dettes. Et enfin, nous abordons notre derrière nuit en station service en Turquie. Et ce n’est pas trop tôt, le moral n’est pas au top, le luxe qui nous arrive demain va réparer tout ça.


Vendredi 10 Novembre 2006, 38060 Kms
Nous émergeons de notre station service vers 11h, après avoir pris un gros petit-déjeuner. Je pense que les pompistes ne sont pas déçus de voir partir les squatteurs de leur parking.
Nous nous promenons dans la ville, nous errons, impatients de retrouver les parents que l’on n’a pas vus depuis des mois et mon Hélo qui arrive un peu après.
Enfin à 18h, un taxi s’arrête devant l’hôtel. Deux têtes familières en ressortent. 4 mois et demi que nous n’avions pas revu nos petits parents. Nous fêtons ça dans un bon restaurant d’Istanbul. Quel plaisir de s’asseoir autour d’une vraie table et surtout de boire une bière et manger un bon morceau de viande.
A minuit je suis à l’aéroport. Je vois soudainement une petite tête brune émerger de la foule. C’est mon aimée…

samedi 11 novembre 2006, 38060kms
Nous attaquons très fort la journée en attaquant par les plus belles mosquées d’Istanbul. Le mosquée bleue est en pleine prière, on se dirige vers sa voisine d’en face, Sainte Sophie, qui est devenu un musée depuis qu’Atatürk en a décidé ainsi. Il a répondu d’une superbe façon a tous ce qui se battaient pour l’avoir comme maison de leur dieu. Construite au VI ème siècle, et en quelques années, pour devenir une église, elle deviendra des siècles plus tard une mosquée. Elle est aujourd’hui un musée vieux de 1400ans, certes dans un état à l’image de son âge, mais qui subit une très lente remise en état. Bizarrement ce qui étonne dans ce monument, outre sa beauté extérieure et intérieure, c’est le temps qu’ils ont mis pour la construire : 5ans. Certes c’est moins haut qu’une cathédrale même avec les minarets mais quand même, les cathédrales ont mis des siècles à ce construire. Je n’ai pas la réponse à cette énigme. Pareil pour la mosquée Bleue, construite en 7 ans au XVIIème. Et ils n’ont pas négligé les détails, ces monuments sont par leur esthétisme (non pour leur but !), des endroits impressionnant et apaisants. On marche, sans nos chaussure bien sûre, sur des myriades de tapis, près de la fontaine aux ablutions, qui n’est d’ailleurs plus utilisée aujourd’hui car trop petite pour accueillir tous les pratiquants.
Nous continuons dans les sous sols de le ville où des cours d’eau longées par des centaines de colonnades souterraines alimentées les palaces de la ville en eau. A l’époque cette construction était bien utile, aujourd’hui, avec les jeux de lumière et le fond de musique classique, cela en devient théâtral. Dès que le sort des ces sites, ont est agressés encore est toujours par ces rabatteurs ou vendeurs de tout est de rien. On comprend enfin la technique des cireurs de pompes. Ils ont déjà essayé de m’avoir mais je ne supporte tellement pas de me faire avoir que ça n’a pas marché sans que je comprenne la technique. Mais, papa, aimable au possible, qui aime le contact avec les étrangers tombe plusieurs dans le piège. Les cireurs laissent tomber volontairement une brosse en marchant, on a donc le réflexe de la ramasser et rappeler le cireur pour lui rendre ce qu’il a perdu. Il revient et feint d’être aux anges d’avoir récupérer son outil de travail et pour cela, comme il vous considère comme un grand gentleman et vous impose un lavage/cirage de chaussures, qu’il vous demande ensuite de payer à sa juste valeur. En soit rien de dramatique, mais c’est cette possibilité de se faire avoir tous les 5 mètres qui est terriblement énervante. Nous continuons d’arpenter les ruelles traversons le bazar égyptien, un souk rempli de pâtisserie et de tissues. C’est une étape obligatoire, on commence par un kebab, tranquillement devant la Nouvelle Mosquée, puis on sélectionne des dizaines de pâtisseries qu’on déguste à l’étage d’une échoppe, l’observatoire parfait sur le trafique incessant du souk. Ces pâtisseries nous donnes terriblement soif, on part sur le pont qui rejoint l’autre côté de la Corne d’or. Et sous les ponts, nous buvons du thé et fumons un narguilé à la pomme. Ces choses bien délicieuses nous endorment, on part ce réveiller en remontant la ville vers les célèbres hammam de la ville. On demande notre direction dans un petit magasin, ceux-ci nous répondent gentiment puis nous conseillent de suivre un cireur de pompe qui se propose de nous y conduire. C’est sûr, il nous demandera de l’argent, alors je lui dis de s’arrêter et de m’indiquer simplement le chemin, mais rien à faire, il ne s’arrête pas et ne veut rien entendre. On fait finalement une grande boucle pour arriver… en face du magasin dans lequel j’avais demandé ma direction. Le Hammam était juste en face, je suis vert de rage de m’être fait encore berner. Il me demande de l’argent, je lui dit qu’il se fout de ma gueule vu le détour qu’on vient de faire, il se justifie en disant qu’il voulait éviter le trafique. Comprenant qu’il n’obtiendra rien de moi, il se rabat sur mes parents qui, retardataire, traînent encore le pas plus loin, et remercie de quelques pièces le gentil guide. J’arrive trop tard pour leur dire de ne rien donner. Foutus cireurs. Le hammam nous fait rapidement oublier nos petits stress. Même si les gens y sont d’une rare brutalité (en m’arrachant ma serviette pour m’en donner une autre, en nous insultant presque quand on ne s’assoie pas au bonne endroit,…), ils n’arrivent pas à nous retirer se bien être et cette détente qui s’installe en nous petit à petit, ramollis par les vapeurs, laver par les gants de crins et les coupelles d’eau fraîche. Nous dînons dans une tout petit restaurant très chic avec une vue magistrale sur la mosquée bleue, complètement illuminé le soir,ce qui en fait peut être l’un des plus beau bijoux d’Istanbul la nuit. J’ai eu les yeux plus gros que le ventre, ou est-ce le choque de l’opulence, j’ai mal au ventre tellement j’ai trop mangé, je n’arrive pas à dormir dans tout ce confort.

Dimanche 12 Novembre 2006, 38060 Kms
Les petits-dej d’hôtel sont faits pour abuser. On s’empiffre de tout ce qui est mis à notre disposition avant de se jeter dans l’air frais de la ville.
Nous visitons pendant une demi-journée le palais de Topkapi. Ce palais, situé à côté de la basilique Ste Sophie fut le lieu de résidence des sultans jusqu’en 1853, date où Abdul Mecit décida de s’installer au palais de Dolmabahçe (que nous visiterons plus tard). Le palais a été réouvert au public par Atatürk en 1924. La visite passe par les anciens appartements du sultan, la bibliothèque, la cuisine, une collection de bijoux dont un diamant de 86 carats dont l’histoire raconte qu’il a été trouvé dans les poubelles. Nous visitons aussi le harem, qui à une époque contenait jusqu’à 1000 prétendantes. Elles cherchaient à être élues par le sultan et lui faire un fils. Elles étaient maintenues dans le harem, des africains castrés, les eunuques, s’occupaient d’elles sans avoir du coup de « vues » sur ces dames. Les frères du sultan étaient enfermés pour calmer leur ambition…
Nous découvrons enfin l’intérieur de la splendide Mosquée bleue, qui nous a jsuque là gratifié de magnifiques vues extérieures. Notamment la nuit où tout l’édifice est illuminé avec les mouettes qui volent au dessus. Ce joyau architectural a été édifié de 1609 à 1616. Elle est donc bien plus vieille que Ste Sophie qui lui fait face, ce qui explique son meilleur état de conservation. C’est la seule mosquée d’Istanbul à 6 minarets. Elle est toujours lieu de prière, on la visite donc en dehors des temps de prière, mais il y a toujours des fidèles qui sont là. Je me demande comment ils font pour se concentrer avec le bruit fait par les touristes. Dans la cour de la mosquée, qui fait la même taille que la salle de prière pour créer un équilibre dans le style, un marchand de tapis s’énerve car nous déclinons son invitation à aller voir ses tapis.
Nous prenons une bonne bière en famille puis je vais chercher Héloïse dans le centre qui a pris un pot avec une collègue de boulot. Je ne suis pas mécontent de ne pas la laisser marcher seule dans la ville, car même à 19h, un dimanche soir, les rues d’Istanbul sont étonnamment vides.
Nous dînons ensuite dans le resto de l’hôtel qui offre une jolie vue sur la baie.

Lundi 13 Novembre 2006, 38060 Kms
Le grand bazar d’Istanbul est sûrement l’un des plus grand du genre. On y trouve toutes sortes de choses comme dans chaque souk, sauf qu’ici on peut trouver de la très bonne qualité, des très belles antiquités, très beaux tissus et de très belles escroqueries. En fait, ce bazar est un mélange de souk magrébin et de galerie commerciale turque. On a du mal à rester ensemble, chacun fouinant de son côté pour trouver le bon deal. En générale, c’est aux pâtisseries qu’on se retrouve, mais ça n’est pas la spécialité de ce bazar. En revanche, c’est aussi le marché de l’or. Toute personne qui vient pour la première fois jurerait qu’il se passe quelque chose de louche, que des dizaines de personnes sont entrains de s’énerver sérieusement voire de se battre : c’est l’heure du gold trading dans le bazar ! Leur petit Wall Street à eux, ils tiennent tous des téléphones gros comme des cabines téléphoniques et se crient dessus.
Le ciel n’est pas avec nous aujourd’hui, il pleut des cordes, alors que nous rejoignons une autre gigantesque mosquée d’Istanbul. Nous ne sommes pas encore lassé des visites de ces superbes monuments. On continue en taxi pour passer, sur le pont, de l’autre côté du bosphore. Le fameux hôtel, étape de l’orient express (et où M. Hingins Clark écrivit son livre du même nom) est malheureusement fermé pour restauration, on se réfugie dans un autre café fashion du quartier pour se réchauffer. A pied, on rejoint, le quartier Sultanhamet pour y passer la soirée. Après le Sultan Pub, nous dînons derrière la Mosquée Bleu dans une restaurant plutôt folklorique, le chanteur est sa cithare nous empêche de nous entendre parler, de toute façon, nous sommes trop occupés à manger l’avalanche de plats typique qui nous tombes dessus. Même les serveurs n’ont pas l’air de maîtriser l’avalanche, ils en oublient, reviennent, repartent pour réchauffer, arrivent avec autre chose. Ils précisent même d’y aller cool sur chaque plat étant donné la suite. Au retour, sur le chemin de notre hôtel, nous profitons une dernière fois du spectacle des mosquées illuminées partout dans la ville : unique !


Mardi 14 Novembre 2006, 38632 Kms

Pour notre dernière demi-journée de visite à Istanbul, nous avons la chance d’avoir un temps parfait. Après un gros petit-déjeuner que nous prenons plus tard que prévu (c’est trop dur de s’imposer un réveil pendant les vacances pour certains…), un taxi nous emmène au palais de Dolmabahçe. C’est le dernier palais de sultans construit à Istanbul, au milieu du XIXème siècle. Ce majestueux palais d’inspiration baroque et rococo s’installe sur une rive du Bosphore, partie européenne. Son niveau de luxe et de sophistication est tel que le sultan n’eut pas assez d’argent pour terminer les travaux et dut pour cela emprunter aux banques. Le tout dans un contexte de déclin de l’empire. Notre sultan était un lutteur amateur de 150 kilos, on comprend qu’il voulait voir les choses en grand…La visite se fait au pas de course, on a à peine le temps de contempler une pièce qu’un guide nous demande de recoller au peloton. Mais nous sommes tous très impressionnés par ce grand monument, dont le joyau est sans aucun doute sa salle de réception ultra luxueuse, qui pouvait accueillir 2500 personnes, éclairées par un lustre de 4,5 tonnes, offert par la reine Victoria. Nous profitons de nos derniers instants avec les parents et Héloïse en prenant un thé turc au bord de l’eau.

Nous quittons dad and mam, et quelques heures après nous raccompagnons mon Hélo à l’aéroport. Je l’abandonne à ses 4h d’attente pour son avion, mais je dois filer tôt pour pouvoir quitter la Turquie aujourd’hui.

L’autoroute qui relie Istanbul à Edirne à la frontière bulgare est déserte, nous sommes presque les seuls à profiter du joli coucher de soleil. Une alerte à la douane vient nous rappeler que les turcs sont des filous. Ils ont encore essayé d’abuser du porte feuille de l’étranger. Mais cette fois niet. En fait en prenant notre ticket pour rentrer sur l’autoroute, le mec qui distribue les tickets, mais qui n’est pas dans une cabine, nous demande de payer 50 lires ou 20 euros. On proteste en disant que d’habitude on ne paie qu’en rendant le ticket, prouvant la distance qu’on a réellement parcouru. On trouve ça louche, on se gare donc sur le côté après la gare de péage. Le gars vient nous voir, nous demande toujours l’argent. Il nous dit que si on ne paie pas, dans tous les cas il a notre plaque et il va nous dénoncer. Mais on ne veut pas se faire avoir, et on prend le risque, après tout nous sommes honnêtes, nous nous expliquerons avec les gendarmes s’il y a un problème. C’est pas que nous ne voulons pas payer, mais là ça sent la filouterie. Et quelques détails nous ont mis la puce à l’oreille : le gars n’avait pas d’uniforme, il n’avait ni ordinateur ni imprimante pour enregistrer ou donner un reçu, pas de caisse pour donner le change et puis surtout il a quitté son poste pour venir continuer à discuter avec nous quand nous nous étions arrêtés sur le côté, et les voitures continuaient à passer, c’est qu’il n’était pas très utile ! Le plus dingue n’est pas qu’on essaie de nous arnaquer, mais que ça se fasse dans une gare de péage majeure, avec des caméras partout. 220 Kms plus loin, quand on rend le fameux ticket au poste de péage suivant, les gendarmes nous arrêtent. OK, je sens qu’on va passer un moment désagréable. Mais non, à peine arrêtés, on nous dit de poursuivre. Sans problème.

A la frontière turco bulgare, je vide mes dernières pièces à la station service. Le pompiste s’énerve, il ne veut pas de ma mitraille, il me tient par le collet et veut même appeler les gendarmes. Sa menace est ridicule puisque le compte est bon, mais nous sommes seuls contre lui, on ne va pas chercher les ennuis si près de la sortie. Les formalités pour quitter la Turquie et rentrer en Bulgarie sont un peu longues mais se font sans problème. Nous passons au moment de la relève des douaniers, ce qui crée un petit embouteillage et un spectacle de voitures qui essaient de se doubler, de gens qui s’énervent…Au douanier à qui je demande s’il parle anglais, il me répond que oui, il parle le japonais. Puis s’en va en souriant. C’est à ça que ressemble l’humour bulgare ? Après avoir payé la taxe de désinfection ( ???) et la vignette, nous voilà lancées sur les routes bulgares.





Mercredi 15 novembre 2006, 39479Kms

Hier matin encore en Turquie, hier soir jusqu’à ce matin en Bulgarie, la journée en Serbie Monténégro et ce soir en Hongrie, à Budapest. On ne se rend plus bien compte de notre position géographique. Alors qu’il nous arrive encore de remercier des gens en turc ou en arabe, eux nous répondent maintenant en allemand et ne comprenne pas l’anglais. Les frontières défilent et se ressemble. Seul accroc, l’entrée effective en union européenne, en Hongrie, et non pas en Bulgarie, nous vaut une fouille plus sévère. Les douaniers bloquent sur les cartouches de cigarettes achetées pour des bouchées de pain en Bulgarie. Malheureusement, en UE : « c’est une par personne et une seule ! ». Impossible de passer la frontière avec ces cartouches, ils fouillent encore plus la voiture, et nous suggère de les jeter en Serbie. On récupère nos passeports et partons à pied en Serbie pour tenter de revendre les cartouches, on se sent un peu…africain à ce moment là. Les gens rigolent, en Serbie, les cigarettes ne valent rien non plus. Finalement un camionneur turc nous rachète nos cartouches pour une bouchée de pain. Ca y est, il semblerait qu’on soit définitivement en Europe.

On arrive de nuit dans Budapest, on se rend très vite compte de la beauté de la ville quand on s’approche du centre. Séparée en deux par le Danube, d’un côté Buda et de l’autre Pest, la ville resplendie sous les lumières qui mettent en valeur le vieux parlement, la citadelle, les ponts, les églises,… On se trouve un petit hôtel puis partons marcher pendant plusieurs heures dans la ville, d’un côté puis de l’autre du danube. On est forcé d’admettre que les filles sont…. très jolies par ici, très très jolies. On boit des bières dans le fameux Irish pub du centre, tous les expatriés irlandais regardent avec attention le match de qualification Irlande / San Marin. Petite inquiétude cette nuit, le def dort seul dans les rue de Buda, on éspère que tout sera là demain.


Jeudi 16 Novembre 2006, 39922 Kms

C’est bon de se lever dans un bon lit et de se faire servir un vrai petit-déj. On commence à y prendre goût. Nous quittons notre hôtel papillon. Le Def est intact, ouf. Nous profitons de la ville de jour et nous dirigeons vers les bains Széchenyi. J’y étais allé en février 2005 avec des amis, j’en avais gardé un excellent souvenir. Je veux donc emmener mon petit frère dans ce lieu mythique. Ce sont des bains nourris par des sources d’eau chaude. Toute l’année l’eau sort de terre à la même température. Mais je trouve plus impressionnant la visite en hiver, quand il fait froid dehors et que l’on prend un bon bain en extérieur. L’eau contient du souffre ce qui lui donne une couleur un peu verte, c’est aussi bon pour la peau et les articulations. D’où la fréquentation, majoritairement du troisième âge. L’architecture du bâtiment est ancienne, les façades de couleur jaune. On a parfois l’impression de se baigner dans un petit palais.

Nous quittons Budapest difficilement. Les embouteillages nous retiennent et nous soufflent qu’il y a encore tant de choses à voir. Nous rejoignons l’Autriche, l’autoroute est excellente, on sent le retour au bercail proche. Je suis inquiet car la voiture a une fuite d’huile à la boîte de vitesse et je n’ai pas les bons outils pour faire l’appoint. Il faut que ça tienne jusque Munich au moins, sinon jusque Lille. Après on se promet de bichonner la voiture qui en a bien besoin après ses 40 000 Kms de sauvage.

Sûrement le dernier bivouac sauvage de toute notre aventure. Coincé entre deux arbres d’une longue allée, dans la plaine autrichienne, à 50 Kms de Linz. On s’installe dans le noir, on ne sait pas bien si on est proche d’habitations. Ce sera la découverte au réveil.


vendredi 17 novembre 2006, 40276 kms

Cette campagne autrichienne couverte d’un épais manteau de brouillard nous plonge dans le film Sleepy Hallow ou la légende du chevalier sans tête. Sauf qu’ici, c’est le calme complet, pas de chevalier, notre dernier petit déjeuner sur le capot du def dans le froid et les superbes couleurs de l’automne. Alors que nous reprenons la route vers Munich (étape obligatoire de notre voyage, presque un pèlerinage), le brouillard se retire et laisse place à un spectacle grandiose : les montagnes de la bavière. L’herbe est encore d’un vert parfait avant d’être recouverte de neige dans quelques semaines, les chalets et villages sont d’un charme à la hauteur de leur savoir vivre. La priorité en arrivée dans Munich est d’aller à la concession Land Rover pour checker le niveau d’huile de boite de vitesse. Mais comme à Istanbul, impossible d’ouvrir de bouchon, on repart dans l’incertitude. On se console en restant une éternité dans l’arrière cour de cette concession pleine des nouvelles Aston Martin, Jaguar et Land Rover. On a rarement vu une aussi belle concession.
Deuxième étape, aller au siège de BMW pour saluer les anciens collègues de Bertrand. On y passe 2 heures à discuter des nouveaux produits, concepts cars (qui passent très nombreux dans les rues, camouflés de leur scotch noir), et rencontrer tous les membres du département.
Pour le plaisir, on termine par une visite des concessions BMW et BMW Motorrad.
Troisième étape, aller boire une Paulaner dans une brasserie de Munich. On se boit une énorme et délicieuse bière, assis à côté des fûts dans laquelle elle vient d’être brassée. On agrémente cette bière dans bon bretzel. Il ne nous reste plus qu’à rejoindre l’amie de Bertrand qui nous reçoit ce soir pour se poser enfin et profiter de Munich by night.



Mardi 21 Novembre 2006, 41223 Kms

Après une halte de trois jours bien sympathiques dans la famille au Luxembourg, nous regagnons la France, la ville de Lille, et notre port d’attache : Hem.
Après 230 jours, 40000 Kms et une trentaine de pays, nous ne sommes pas mécontents de retrouver notre chez-nous. Welcome Home ! Il va nous falloir du temps pour faire le bilan de toute cette aventure. Mais on en gardera c’est sûr des souvenirs inoubliables.

Commentaires sur cet article
Eric
merci à vous d'avoir pris le temps d'écrire tout ça. Nous, dans notre froide Normandie, ça nous a fait rêvé.
A bientôt sous les pommiers.
 

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