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Benin - Cotonou


de , 26-04-2006

Du Niger vers le sud du Bénin


mardi 18 avril 2006, 11615 kms

Not much to say today! On se réveil tôt dans notre petite chambre de la mission catholique après une petite nuit entre-coupée de mes délires qui réveillent Bertrand. J’entends des pluies tropicales violentes s’abattre au dessus de nous, inondant sûrement le def vu que le toit ouvrant est ouvert, j’ai l’impression que le plafond fuit et déverse une eau boueuse sur mon lit. J’appelle Bertrand pour le prévenir de la gravité de la situation. Il se réveille, « quoi ?? En cette saison sèche ?? c’est impossible ! » Il se lève, ouvre la porte de la chambre et constate qu’il n’y a absolument aucune pluie, une nuit chaude et sèche comme toute les nuits ici. Je suis contraint de me poser quelques questions parce que j’entends encore la pluie violente tombé. Ok, ça y est… C’est le ventilo au dessus de nous qui fait un rafus du tonnerre, semblable au bruit des fortes pluies lilloises qui tombent sur le velux de ma chambre dans le nord. Pour l’eau qui me coule dessus, bah sûrement le fait que je sois complètement en nage vu la chaleur… Je sens que Bertrand va m’en reparler quelques jours !
On va chercher nos visas pour la suite à la direction de la sûreté du territoire à Niamey. Surprise, ici, ils délivrent le fameux visas de l’entente, alors qu’à l’ambassade du Niger (tout comme celle du Burkina) au Mali, ils prétendaient qu’il n’existe plus, les salauds,… tampis, on aura payé 2 fois le visa du Niger. Et nous voilà avec ce super visa pour le Bénin, le Togo, le Burkina et accessoirement, la Côte d’Ivoire et le Niger. On croise 3 jeunes américains en ballades dans le coins, c’est plutôt rare ! Un peu de Cyber café pour donner des news puis on rentre en marchant dans les marchés du centre pour s’acheter à manger. Dans les villes d’afrique de l’ouest, ou plutôt dans les marchés d’Afrique de l’ouest, on trouve souvent de quoi manger directement sur place. Il faut imaginer entre les immenses étales de produits, des mamas africaines devant leur table recouverte de grandes bassines, contenant chacune des kilos d’une préparation dont elles sont seules à avoir le secret (mais qui se ressemblent toutes) et qu’elles ont l’air d’avoir passer toute la nuit à préparer. Et tout les locaux viennent demander un assiette qui coûte absolument rien. C’est un mélange entre une immense cantine publique en pleine air, et l’armée du salut qui nourrit les plus démuni par une petite ration chaude (sauf que ça rit, ça crie, ça chante, ça pleure…), c’est leur cuisine à eux. Le marché n’est pas seulement un lieu de passage, c’est surtout un lieu de vie, les gens y a habitent carrément, par terre entre les fruits, légumes et épices. Le soir, un drap sur l’étalage et hop, tout le monde dort par terre. Avec nos yeux d’occidentaux, ça ressemble à une immense concentration de SDF, sauf qu’ici ça n’a rien à voir. Bon évidemment, ce sont des gens pauvres qui n’ont pas forcément de maison. Mais ici, les besoins ne sont pas pareils, avoir un toit n’est pas du tout une priorité vu q’il ne pleut jamais, les maisons sont d’ailleurs rarement étanches, les installations électriques non plus. Ils ont plus l’habitude d’être tout le temps ensemble alors que nous, nous nous enfermons presque, isolés dans nos chambres. Et en plus il faut dormir devant les étalages pour les garder. On dirait qu’un tiers de la population active ici s’occupe de « garder », il doit y en avoir une dizaine pour toute la mission catholique, 3 ou 4 devant la banques où nous faisons du change, armés comme pour la guerre, même les jours où la banque est fermée. En fait, chaque maison, chaque bâtiment a forcément un ou plusieurs gardiens, passant leur journée et leur nuit à ne rien faire du tout (vu qu’il ne se passe pas grand-chose), comme beaucoup d’autres autours d’eux d’ailleurs. D’ailleurs, on entend souvent de leur part, mais involontairement, le refrain de l’inactivité. Quand ils parlent avec les blancs, pour négocier ou pour mendier, ou pour proposer n’importe quel service, et qu’ils sentent dans notre voix l’envie d’en finir et de conclure au plus vite, ils se justifient alors : « attends, mon frère, on a besoin de causer nous, il faut passer le temps tu comprends, on a rien à faire, alors on cause…. ». Ils semblent être incapable de lutter contre l’inactivité.
Revenons à nos moutons, donc pour le déjeuner, je demande à une mama de me servir deux assiettes de riz avec de la sauce, qu’elle me sert gentiment, avec les mains, puis quelques beignets à tremper dans une sauce pimentée et une brochette de moutons grillés sur les braises. On déguste tout ça avec une grosse mangue juteuse en dessert, et nous voilà bien repus pour reprendre la route vers le sud. On quitte la mission catholique et se frittant avec le gérant qui veut nous faire payer plus que prévu, puis on sort de la ville, passant les quelques barrages de douanes gendarmerie, police et péage (Difficile à justifier le péage ici…). Dans l’ensemble, Niamey nous laissera un bon souvenir, paisible et vivant. 80 kilomètres plus loin et avant la tomber de la nuit, on quitte la route pour rentrer dans une brousse sèche très peu denses, pour installer notre petit bivouac. Cette nuit, je tente l’option tente (j’avais toujours dormi dans la voiture jusqu’à présent). Mais par cette chaleur, la tente sera plus facile à aérer.


Mercredi 19 avril 2006, 11863 Kms

Dormir avec Alex dans la tente me rappelle l’époque où on voyageait en 4L. On avait une grande tente pour 6 dans laquelle on s’étalait comme des pachas. Cette fois, pour des impératifs de place et de poids (on voulait une tente légère et compacte pour nos sorties trekings), nous nous étions équipés d’une tente 2 places. On passe donc la nuit presque l’un contre l’autre. Au matin, on fait tous les 2 le même constat : on a mal dormis. Ce soir nous redormirons dans le Def.
Le principal évènement de la journée était le passage de la frontière avec le Bénin. Avant de quitter le Niger, nous nous arrêtons à Dosso pour acheter de quoi manger ce midi. Je craque pour une grosse portion de pâte d’arachide qui me tiendra au ventre jusqu’au dîner. Alex profite de la présence de deux véhicules de la Croix Rouge pour aller attraper quelques infos santé. Il a en effet mal à la tête. Il est rassuré quand on lui explique qu’il a très peu de chance de contracter le palu dans ce coin à cette période.
Nous quittons donc le Niger avec le sentiment frustrant de ne pas avoir découvert ce si vaste pays. Nous n’avons fait que le traverser sur quelques centaines de kilomètres dans sa partie la plus occidentale. Traverser le Niger en 5 jours peut sembler être une hérésie. Mais ce n’était pas sur notre programme. Pour comprendre le Niger, il faut se donner le temps de le pénétrer, de rouler jusqu’au Ténéré et les montagnes de l’Aïr. Sûrement pour un autre voyage, car on dit que c’est au Niger que le Sahara est le plus magnifique. Ce sont aussi les origines du peuple Touareg.
Les formalités pour quitter le Niger et entrer au Bénin se font en douceur et plutôt rapidement. Une fois n’est pas coutume. Même si on remarque que les choses s’améliorent. On avait rencontré nos pires « mangeurs de papiers » au Sénégal. On traverse donc le fleuve Niger qui fait office de frontière et le Bénin se révèle à nous et…surprise….il n’y a pas de surprise. Ca ressemble au Niger, qui ressemblait au Mali, qui ressemblait au Sénégal…Ca peut paraître aberrant de dire ça, un discours de touriste qui n’a rien compris. J’entends juste que les villages d’Afrique de l’ouest se ressemblent tous et que la brousse est souvent la même. C’est normal nous traversons ces pays sur la même longitude. Quand on traverse une frontière, on s’imagine bêtement qu’on va trouver quelque chose de complètement nouveau de l’autre côté…Pourtant quand je traversais la frontière franco-belge au niveau de Baisieux, je voyais bien que l’herbe poussait dans le même sens chez nos amis wallons…
Nous nous installons ce soir à quelques kilomètres de la ville frontalière de Malanville. Ce soir nous décapsulons deux cannettes de bière, et Alex me prépare un superbe pansement stomacal : une coulée de riz à base d’épices. Un délice. Ce n’est pas tous les jours qu’on a 25 ans !


jeudi 20 avril 2006, 12143 kms

Au fur et à mesure que l’on progresse de Malanville vers Banikoara, puis vers Kérou, le Bénin se différencie enfin géographiquement des ses cousins du nord de l’Afrique de l’ouest (Sénégal, Mali, Niger). La brousse est plus dense, plus verte et plus haute, pas encore forêt tropicale mais c’est agréable, et même un peu plus frais que Mali et Niger. Les villages semblent même un peu mieux construits que dans les autres pays, les constructions un peu plus modernes. Et surtout, on a pas entendu une seule fois depuis notre arrivée : « don moi Kdo, don moi 100 francs,… ». Les gens très souriants, saluent souvent, mais jamais oppressants. On déjeune sur des roches au milieu d’une rivière, sous l’ombre d’un pont, de quoi avoir suffisamment de fraîcheur. 4 heures de routes après en direction de la chaîne montagneuse de l’Atakora, on décide de pose le bivouac, à côté d’un tout petit village qui n’existe pas sur la carte. On évite la brousse totale d’après les conseils d’un policier qui a recensé quand même quelques braquages récemment. Par politesse, on se dirige vers les premières cases du village pour demander si on peut passer la nuit ici sans que ça les dérange. Ils sont ravi de nous recevoir. Moussa, 25 ans et sa famille, nous rapporte des mangues en cadeau de « Bonne Arrivée » comme ils disent tout le temps. Malheureusement trop mûres pour nous, on fait un peu semblant de les manger. Il nous fait visiter sa case, il sort deux chaises, le transistor, et des mangues trop mûres. On s’installe au milieu des casseroles, des feux de bois des marmites, des tonneaux d’eau. On assiste à un truc géniale, une des ses sœurs ou peut être sa femme prépare dans une énorme marmite (dans laquelle je pourrais rentrer sans problème, un mélange rougeâtre bizarre qu’elle remue avec une grande branche de bois mort. Après dix minutes de tentative d’explications inutiles (ils ne parlent pas vraiment français), Moussa demande à sa sœur, une autre, d’aller chercher le produit fini pour nous montrer. Elle revient avec une bouteille en verre remplie d’un liquide transparent. Ca sent le tord boyaux ! Et effectivement, c’est un bon alcool de maïs, bien violent. Bertrand et moi pensons en acheter une demain matin pour 1000 francs (1,5euros). Ca peut toujours servir en cas de coups durs… Moussa part faire un match de foot, ce qui nous laisse un peu de tranquillité pour s’installer. Bertrand lit, moi je part faire une marche dans la brousse. On a trop roulé récemment sans faire de sport ni rencontrer d’autochtone. C’est l’occasion d’y remédier en une soirée. Et puis cette marche est une mise en jambe avant d’éventuelles trekking demain ou après demain. Je pars droit dans la brousse pendant une heure, en prenant soin de prendre mon cap à la boussole, au cas où… Mais impossible de trouver une brousse sauvage et vierge, je ne traverse que des champs de cultures en tout genres. Impressionnés, mais un peu déçu, je fais demi tour, et pas besoin de regarder la boussole, il suffit de longer les champs. En rentrant, je prépare un petit dîner, mais le peut de pâtes qu’il nous reste ne va pas suffire à nous rassasier. On retourne tous nos placards pour trouver un paquet de pâtes, en vain. Par contre la sauce va être impeccable avec les épices du marché de Niamey et les oignons d’aujourd’hui. On s’apprête à entamer nos 3 pâtes quand Moussa arrive avec sa sœur portant sur sa tête un grand plateau avec 4 grosse casseroles. Gênés mais ravis, on s’installe avec Moussa sur notre table de camping. Sa sœur, débout derrière, regarde bien sûr, elle n’est pas convié au repas qu’elle a préparer. Et ce n’est pas faute d’avoir essayer. Après l’avoir assise sur une de nos chaises, elle pique un énorme fou rire et se relève immédiatement pour reprendre sa place. On ouvre chaque plat en se demandant ce qu’on va y trouver. La première, classique, de l’eau du puit pour se laver les mains ; la deuxième, gloups…, aucune idée ; la troisième est remplie de sauce avec deux petits œufs dures, et la troisième, regloups, aucune idée. Après tentatives d’explications un peu plus fructueuses, on comprend que la deuxième casserole et remplie de « iam », un mélange entre navet et pomme de terre. Sortis de la terre c’est gros comme dix pommes de terres, puis cuit dans l’eau , ils le coupent en grosse frites que l’on trempe dans la sauce (casseroles n°3). Quant à la 4eme casserole, c’est une préparation maison, la « tobina », un mélange de maïs et de soja cuit en bouillie dans des petits pots au bain-marie (bon d’accord, dans de vieilles boites de conserves un peu rouillées, mais c’est excellent). Donc notre minable dîner initiale se transforme en énorme buffet, Moussa finit nos pâtes, et nous ses casseroles, chacun y trouve son compte. Une fois le dîner terminé, plus grand-chose à se dire, mais ça ne gène personne. Au bout d’un certain temps, dans le noir complet, le petit frère de Moussa ramasse toutes les casseroles, puis ils nous quittent, nous laissant seules avec des centaines d’énormes fourmilles. Vraiment, la fourmille européenne est un échantillon à côté.


Vendredi 21 avril 2006, 12254 kms

Il est 07h15 ce matin quand une envie d’aller me soulager me tire du Def. A peine sorti que Moussa et 6 autres personnes débarquent, sourire aux lèvres, et surtout casseroles pleines à la main. Elles sont pleines de bonnes choses…salées. En fait à peu près les mêmes aliments que la veille au soir, mais sous une autre forme. J’ai un peu de mal au début avec la sauce à l’oignon à une heure si matinale, mais on s’y fait. Je sors de table avec la même impression qu’après un repas de Noël. Nous faisons un malheur avec notre confiture de fraise. Elle est purement chimique, loin des standards de nos mamies, mais ils adorent ce goût si sucré. Moussa nous a aussi ramené une bouteille d’alcool de maïs, dont on avait vu la préparation la veille. C’est un alcool blanc, fort, mais bon. Ce sera parfait pour nos moments de solitude, mais aussi quand il faudra passer par dessus un aliment douteux, ou désinfecter quelque chose. Nous lui achetons la bouteille d’1 litre 1000 francs CFA, un peu plus d’1€...
Nous partons vers Natitingou. On dit de cette grosse ville de 110 000 habitants qu’elle est le point de départ pour de nombreuses ballades pour visiter le peuple Somba et leurs fameuses maisons « tata somba » sorte de petits chateaux sur deux étages. Nous garons la voiture dans la caserne militaire de la ville et partons louer des vélos. Cette idée de pédaler nous excite, car on a pas vraiment fait de sport depuis 2 mois et qu’on va se fondre dans la masse des vélos et scooters des rues animées d’Afrique. Les vélos de loc sont à l’image de leurs motos : tout est made in China, on se demande comment ça tient. Nous quittons la ville par la route principale et croisons tous les écoliers en uniforme qui quittent l’école. Nous pédalons comme des damnés pendant 17 kms, sous le cagnard, pour atteindre les cascades de la Kota. Tout cet effort pour une grosse décéption : les chutes indiquées sur la carte IGN ne sont à cette époque de l’année qu’un petit jet d’eau qui tombe dans une marre noirâtre moussante. On ne peut donc se baigner.
En retour nous payons notre enthousiasme de l’aller, plus la digestion, nous mettons presque 2 fois plus de temps pour revenir à Natitingou. On comprend mieux maintenant tous ces Africains qui sur leur vélo, s’écartent pour nous laisser passer en nous lançant des sourires envieux, que nous leur rendons avec en plus une grosse traînée de poussière irrespirable. Alex et moi nous battons en plein milieu de la rue pour savoir qui doit porter le lourd sac que nous venons de remplir de mangues que l’on a cueillies le long de la route. Nous atteignons difficilement la caserne et nous posons à la buvette avec quelques bidasses devant la K7 du film « Le Fugitif », très bon film policier avec Harrisson Ford. Que c’est bon de se faire un pti polar au Bénin, avec un Sprite à la main…
Le temps de faire nos pleins d’eau, et nous partons en quête de notre camping du soir. Nous touchons de la pluie. La dernière remontait à deux mois, à Rabat…Elle n’apporte pas vraiment de fraîcheur, et signifie aussi le retour des moustiques. Sounds cool ! Nous nous installons à quelques kilomètres de la ville, au bord d’une piste. Nous dînons avec Alphonse et sa fillette Martine qui habitent le petit village d’à côté.


samedi 22 avril 2006, 12331 kms

Comme s’il fallait compenser ce que les autres n’ont pas faits, ce sont des dizaines et des dizaines d’enfants qui nous on harcelaient aujourd’hui pour obtenir quelque chose. Avec volonté, voire même de l’agressivité, ils ne demandent pas, ils exigent le Kdo. Toujours près de la chaîne montagneuse de l’Atakora, nous sommes venu visiter aujourd’hui les cascades de Tanougou. C’est indiqué sur la carte Michelin de l’Afrique de l’ouest, donc ça doit être un peu plus gros que le rince pieds dégeulasses d’hier. Donc on ne sera pas les seuls blancs, et ça explique pourquoi les enfants sont déjà corrompus à la taxe Kdo. On quitte donc notre bivouac en prenant le soin d’acheter un gros fromage de lait de vache à une de nos nombreuses visiteuses matinales. On fait des courses dans le marché de Tanguieta, et après 30 kilomètres de pistes assez jolis, on arrive sur le site des cascades de Tagounou. Et effectivement, il y un peu plus d’infrastructures qu’hier, des magasins de souvenirs, buvettes,… Heureusement, la marche dans la falaise de pierre nous mène à la cascade principale, vierge de toute installation. Le site est magique, pleins de petits gamins (pratiquement nus tellement leur sous-vêtements sont déchirés) jouent dans l’eau, sautent depuis le haut des rochers. Un petit me montre à mi hauteur dans la falaise (mettons… 8 mètres) un petit escarpement où l’on peut grimper et sauter. S’ils le font, on doit pouvoir le faire ! (Cette devise ne doit en fait surtout pas être respectée au pied de la lettre). Je plonge dans l’eau et traverse le bassin en direction des chutes suivi par trois petits béninois, tous comptant de m’escorter vers l’obstacle. En arrivant face à la falaise, il faut escalader, on attrape les lianes et les racines, je me colle à la parois de peur que mes petites prises ne lâchent. Mais c’est à pique, je ne peux pas monter plus loin. Sauf que les 2 premiers y sont déjà, les bougres. L’un deux redescend est me tend la main pour me hisser un peu plus haut. Il a moins de dix ans ce qui bien sûr explique beaucoup de chose en terme d’agilité et de légèreté… Je termine la montée en arrivant sur l’escarpement, en baissant les yeux, j’aperçois un bout de roche qui dépasse et qui va nous empêcher de sauter. Je leur déconseille vivement de sauter, mais ils rigolent. Ma remarque est idiote, ils viennent ici tous les samedis. Ils me dit de faire comme lui, et d’un seul coup, s’élance en donnant une grosse impulsion sur le bord de la falaise. Bon ça passe, c’est bien pour toi, le deuxième fait pareil. Me voilà tout seul, pas fier. Je repense à ce que dit Sylvain Tesson dans son livre « L’axe du loup » : « Réfléchir, c’est déjà abandonner ». Encore un adage qu’il ne faudra pas trop écouter ! Pas de prises d’élan possible, je pose le pied sur le bord, et donne une grosse impulsion. Je relève la tête quelques secondes plus tard sous la petite cascade. Facile ce truc, on le refait quand vous voulez. On passe l’après midi devant le bassin à nager et jouer avec les enfants. Ils sont maintenant une quinzaines à nous raccompagner vers la sortie. Et au moment où nous rentrons dans la voiture, ces mignons petits marmots se mettent à quémander furieusement. C’était le prix de leur compagnie ! On repart s’installer un peu plus loin pour le bivouac, le long des petites montagnes de l’Atakora. On lit quelque pages, mais la chaleur étouffante, les dizaines d’observateurs qui se relaient à quelques mètres de nous, et les milliards de mouches qui nous attaquent, ont raisons de notre patience. De toute façon, on était ridicules avec ces moustiquaires sur la tête. On décide de s’attaquer à l’ascension à pied de la petite montagne en face de nous, histoire de se mettre en appétit. On marche donc pendant une bonne heure le temps d’escalader le flanc est, de se reposer en contemplant la superbe vue que le sommet nous offre, et de redescendre le flan ouest devant lequel nous bivouaquons. On serait assez fier de nous, si un petit gamin ne nous avait pas accompagné, en tongue, avec une facilité déconcertante. Toujours cette agilité et cette légèreté de la jeunesse… En regagnant la voiture, un orage éclate avec la pluie bien forte qui va avec. On se réfugie dans la voiture mais la chaleur intérieur et l’étanchéité légendaires du def font que nous sommes peut être plus trempés dedans que dehors. La pluie qui avait chassé les observateurs, cesse enfin et nous permet de préparer un dîner, avec le retour des observateurs… L’un d’eux nous demandent s’il « peut venir causer quoi ! » Gabriel est enseignant, donc parle bien français, qui est d’ailleurs la langue officielle du Bénin, et la seule enseigner à l’école primaire. Donc pas d’excuse pour tous les enfants qu’on a croisé et qui ne savent rien dire en français à part : « Bonne arrivée ! donne moi le Kdo ! » On questionne Gabriel sur son gouvernement qui a changé récemment et qui est un modèle de stabilité pour l’Afrique. Il nous répond : « Bon, c’est vrai quoi, nous on sait parler… on a une bonne bouche quoi !». Il nous apprend en tout cas que la majorité des Béninois sont chrétiens, ceux qui, dans un sens, contredit notre théorie selon laquelle l’islam est une des raisons principales de la situation de ces populations. Mais qui en même temps la conforte puisque le Bénin ne va il pas mieux que les autres pays d’Afrique de l’ouest ? C’est au Bénin que des femmes sont venues nous parler, spontanément, souriantes, c’est ici aussi qu’on a vu des hommes aider les femmes aux puits (rares mais on l’a vu !) et c’est ici que les gens nous salue le plus souvent sur le passage, sans montrer d’animosité ni d’intéressement.


Dimanche 23 avril 2006, 12679 kms

La diarrhée qu’avait eue Alex en se couchant, pour être encore plus vicieuse, me touche en plein milieu de la nuit. Obligé d’aller jouer les furtifs dans la brousse en pleine nuit. Je crois que notre système digestif ne s’est pas encore fait aux piments que les Africains mettent dans beaucoup de leurs préparations.
Une quinzaine de béninois nous font l’honneur de leur visite pour le petit-dej. Comme bien souvent, c’est même eux qui nous obligent à sortir du Def puisqu’ils viennent se coller à la voiture très tôt. Ils se mettent très, mais vraiment très près de la voiture. Et comme nous dormons les portes grandes ouvertes, vient le moment où ils nous regardent allongés en train d’ouvrir les yeux. On ne peut plus faire semblant de dormir, on est obligés de se lever.
Les vibrations causées par la tôle ondulée ont desserré quelques vis et fini par déconnecter le contacteur de notre compresseur d’air. Nous devons démonter le tableau de bord pour remettre tout ça en place. On profite de ce moment de mécanique pour refaire la pression des pneus et laver le filtre à air. Le ton hausse un peu quand une femme nous demande de l’argent parce que j’ai pris en photo sa fillette de 2 mois que j’avais prise dans mes bras. On la calme en lui disant que nous lui avons donné du sucre, que c’est donc donnant-donnant. Les Africains sont très souriants et se présentent comme tes amis, mais ils ne perdent jamais le Nord…
Nous filons aujourd’hui 350 kms d’un bitume parfaitement lisse, digne des plus belles autoroutes d’Europe. Tellement beau qu’on est soumis à un péage, peu cher, mais rare en Afrique. Ce sont surtout le Nord et le Sud du Bénin qui sont intéressants. C’est donc un cap plein Sud que nous prenons, avec pour pause principale la ville de Tanguietta où nous cherchons de quoi manger. Dans le petit marché fermé, nous trouvons des beignets de liam, et des morceaux de Tobina. Et pour plat principal nous achetons une préparation à base de spaghettis, de sauce au poisson et au fromage et de piment noir. On trouve toujours dans un marché une femme assise derrière 5 ou 5 grosses gamelles de nourriture préparée à qui l’on peut acheter des portions très bon marché. C’est consistant, assez gras, mais assez bon. Cette fois la préparation nous met le feu à la bouche. On est complètement agressé par le piment noir qui nous brûle les lèvres et nous fait pleurer. Même l’eau a du mal à nous calmer.
Nous trouvons difficilement ce soir un camping sauvage. Nous atterrissons dans un sentier perdu où les voitures ne semblent plus passer. Nous frayons notre chemin dans les arbustes et nous posons notre paquetage à côté d’un arbre à ananas, qui malheureusement ne donne qu’un seul fruit, déjà aux mains des fourmis.


lundi 24 avril 2006, 12934 kms

2 hommes sur une moto s’arrête à notre hauteur alors qu’on se réveille à peine, et s’exclame « ah, vous êtes là ! » avec un grand sourire, « on peut causer ? ». Ils ne sont finalement pas très bavares, mais obtiennent de nous qu’on leur laisse notre numéro de tel sat. Ils espèrent sûrement décrocher un ticket pour l’Europe en nous appelant un jour. Puis ils s’en vont, on termine notre petit déjeuner. Mais 10 minutes plus tard, revoilà nos deux mêmes Béninois, Georges et Jean, qui nous ont apporté du iam en pagaille accroché sur le porte bagage de la moto. « Bon, c’est un cadeau quoi ! » C’est surtout du Relationship Management à l’africaine… Ils gagneront pour ça un magasine français et une brochure Land Rover qui traînait au fond d’un sac. Ils nous emmènent ensuite remplir nos jerrycans d’eaux au puits à pompe de leur village. C’est caricaturale : 25 femmes à trimer autour du puit pour remplir leur immenses bassines d’eau, pendant q’une vingtaine d’hommes reste tranquillement à rien faire allonger sous les arbres. Georges et Jean tente le coup : « Bon, il va falloir payer pour prendre de l’eau ! » Bertrand lui répond : « Tu plaisantes j’espère, l’eau des puits est gratuites pour tout le monde et on le sait bien ! » Déçu mais pas démuni, ils portent nos bidons pleins jusqu’à la voiture, pour faire bonne figure. On continue la route vers le sud en traversant pleins de petits villages charmants mais qui ne nous émerveille presque plus. Attention à la routine ! On s’arrête pour déjeuner dans un marché, comme on n’en a maintenant pris l’habitude, à savoir, qu’une mama nous sert ce qu’elle a préparé à partir de ses grandes bassines. Le paysage se fait de plus en plus vert et denses, au fur et à mesure que nous descendons. Le ciel est couvert et l’atmosphère très humide, on commence la saison de pluies et ça se sent : tous les soirs, des éclairs se déchaînent dans le ciel. En arivant à Abomey, je pars faire du change dans un banque, il est 15h, et l’agence n’a pas encore rouvert ses portes depuis la pause de midi. J’attends patiemment seul devant la porte quand petit à petit, des dizaines de béninois, hommes et femes de tout âges se mette à se ruer devant la porte, à me bousculer, passer devant moi en me reléguant au bout du troupeau. De vrais sales gosses dans la file d’attente d’un parc d’attraction. Ils attendent tous avec leur carte d’adhésion à la banque dans la main. Quand la porte s’ouvre, c’est la pagaille, tout le monde veut passer en premier, ils sont ridicules, même les femmes me poussent pour passer devant moi. Je commence à m’énerver, mais ils ne s’excusent pas du tout, trop préoccupé à jeter leur carte sous les yeux du guichetier. Ce dernier est envahi par les demandes qui affluent en même temps. Il attrape une carte au hasard, tapote sur son clavier et fait non d’un signe de la tête, et ce petit manège dure des plombes. Je crie par-dessus les têtes du troupeau au guichetier : « est ce qu’on peut faire du change ici ». Et lui de me répondre : « Bon, il faut attendre, le patron va venir quoi ». J’en profite pour demander à un de mes voisins ce qui les agite autant, il me répond timidement « bon, c’est pour l’état du compte quoi, pour savoir si le salaire est arrivé ! » Manifestement, trop impatient de savoir si le salaires sont arrivés, ils sont tous venu trop tôt. Je récupère difficilement mon change auprès du directeur qui parade lentement derrières ses caisses. En continuant la route vers Cotonou, on travers des palmeraies splendides, on sent que la végétation ici est au paradis, elle est d’un vert fort et puissant. On s’arrête dans un village où les fruits ont l’air appétissant. A peine la voiture arrêtée, plusieurs femmes viennent avec des plateaux de fruits, et ça devient Wall street sur le trottoir. Elles crient le nez collé à ma vitre, 1000 francs par ci, 200 par là, tout le plateau pour 500. Je peine à ouvrir la porte pour enfin sortir et regarder de plus près les fruits. L’une d’elle me propose de venir voire son étalage, j’accepte et aussitôt et attrapa ma mains et me tirant de toute ses forces vers son étalage. Mais je ne peux pas passer les autres me retiennent. Je repère un ananas, demande combien, quoi 1000 francs ??? tu te moques de moi. Une autre me propose un ananas plus gros pour 200, je lui glisse les pièces et lui arrache l’ananas. En voyant le spièces, les autres deviennent comme des folles. Une autre rapplique et jette ces sachets d’orange verte dans la voiture et me demande 500 francs, je lui rends ses fruits illico. Une autre prend ma main, y met une orange et m’empêche de la lâcher. Je ne sais pas combien elle m’en demande tellement les autres me crient dans les oreilles. Puis une nouvelle arrive avec un plateau de papaye. Ah ça, ça faisait longtemps des bonnes papayes. Mais il n’y en à qu’une petite qui est à peu près mure. Elle m’en demande 500, j’en propose 100, elle dit 300, moi 100, puis elle rie quelque chose, je lui glisse 100 et prend la papaye, je saute dans la voiture comme on s’échappe d’une marre au crocos et Bertrand accélère. C’était sport.
En continuant la route, un peu monotone, bien que magnifique, on s’affère à une autre routine, trouver l’emplacement du bivouac. Mais ici la brousse est tellement dense que c’est beaucoup plus complexe que dans les autres pays plus au nord. On est attiré par ces magnifiques palmeraies sans fin, on plonge dans l’une d’elles en se demandant combien de temps nous faudra-t-il pour se faire expulser. La piste est inondée et l’atmosphère très humide, il a plu à torrent récemment. On croise un cycliste sur la piste qui zigzag entre les flaques. Je lui demande ce qu’ils font avec tous ces palmiers. Il sort un petite bouteille en plastique remplie d’alcool. Je goutte c’est excellent mais très très fort, il se marre en voyant mes grimaces. Je lui demande où est ce que je peux trouver un endroit tranquille pour dormir. Il me répond : « Bon partout partout, il n’y a pas de problème quoi, mais il faut venir chez moi dans ma ferme, c’est pas loin d’ici ! » On le suit à travers les cultures de toutes sortes de fruits exotiques. On arrive au milieu d’un champ d’ananas et de maïs, devant un petit abri fait de bois et de branches de palmiers. « Bon voilà, c’est ma ferme là, ça c’est moins champs, il y a tous les fruits que tu veux, il faut dormir ici tranquillement, il y a pas le problème ». On invite donc Jacques, qui a apparemment 22 ans, marié, 2 enfants et parlant assez bien le français, à diner avec nous ce soir sous la cahute. Il est ravi, et épaté de voir tout notre attirail de bivouac sortir du coffre de notre voiture. Il appelle une mama qui travaille dans son champs (c’est la femme de son grand frère) pour qu’elle vienne nous préparer le dîner. Mali Tela (peut être Marie Thérèse…) prépare sous nos yeux un délicieux repas avec nos ingrédients et le iam qu’on nous a offert ce matin. Ca façon de faire et magique, elle est debout, le dos courbé pour travailler par terre. Toutes les femmes travaillent comme ça ici, et le dos à l’air de tenir. Les gestes sont rapides, elle coupe, elle épluche, elle lave, elle cuit, elle touille. Le tout tranquillement et rapidement. Mais elle ne reste pas dîner malgré nos demandes. Elle enroule un peu de iam et de sauce dans une grande feuille verte avant de s’enfuir à pied en pleine nuit au milieu de ces hectares infranchissables de champs de fruit. On dîne donc en compagnie de Jacques en « causant » un peu. Il nous quitte ensuite en enfourchant son vélo. « Jacques tu ne va pas rentrer comme ça, en vélo en pleine nuit, c’est la jungle ??? » On lui prête une lampe frontale pour corriger cette aberration. Il est émerveillé. On termine le repas avec une énorme papaye de plusieurs kilos que l’on vient d’arracher de son arbre, et arrosons tout ça d’un peu d’alcool de palme. La fatigue se rappelle à moi, j’éteins l’ordinateur, les 37 insectes collés sur l’écran devront trouver une autre attraction.


Mardi 25 avril 2006, 12973 kms

Nous nous sentons un peu abandonnés ce matin, quand au réveil nous sommes au milieu des champs d’ananas (une plante un peu agressive quand on se ballade en short), qu’il tombe une pluie drue comme les saisons humides savent les faire en Afrique, et que notre ami Jacques ne vient pas…Il nous avait promis qu’il serait là dès 05h du mat’, et on sait que sans lui il nous sera quasi impossible de retrouver notre chemin dans ce labyrinthe de champs. On prend notre petit-dej sous la cabane, en regardant la pluie tomber, ça nous rappelle l’ambiance des scouts, ou du film Predator si on a un plus d’imagination. Il faut dire que la nuit a été assez dure puisqu’il a beaucoup plu, et le ciel était constamment brisé par des éclairs. Le temps passe et nous nous réfugions dans le Def pour lire nos bouquins. On est un peu paranos et finit par se demander si le Jacquot nous a pas joué un vilain tour et ne reviendra pas, afin de garder la lampe frontale qu’il regardait avec des yeux doux et qu’on lui avait confiée pour qu’il rentre en vélo hier soir quand il faisait nuit noire…
Vers 11 heures j’aperçois pourtant à travers la buée collée sur les vitres de la voiture, un homme qui s’approche de nous. Jacques is back ! Il nous a pas trompé et nous explique qu’il n’est pas venu plus tôt à cause de la pluie qui tombait. Il est accompagné de Marie-Thérèse (qui s’appelle donc bien comme ça) qui nous a préparé, rien que pour nous, une préparation à base de maïs avec une sauce au légume, pimentée toujours. Je demande à Jacques quel ets ce légume, il me répond que les blancs appellent ça « le légume vert ». On en saura pas plus sur ce qu’on mange. Nous faisons ensuite la tournée des champs de Jacques qui nous explique ce qu’il cultive et comment. En plus de l’ananas, de la papaye et de l’orange (qui sont d’ailleurs vertes là-bas, ils ne peuvent faire pousser nos oranges « orange » à cause de la pauvreté de leur terre), j’apprends qu’il fait aussi de la goyave, de la tomate, du bois tek (qui sert à faire les meubles de luxe en Europe), du cola et un peu de manioc. A chaque fois au passage il nous en coupe une partie, ce qui fait qu’on repartira en fin de journée avec un énorme sac rempli de produits ultra frais.
Nous allons dans le village de Jacques pour préparer le manioc. Nous sommes présentés à toute la famille. Sauf la femme de Jacques, dont on a peu d’infos. Apparemment il est courant au Bénin de voir des femmes qui quittent leur mari après leur avoir fait des enfants pour reconstruire une autre vie. On ne sait pas si cette explication de Jacques est vraiment sensée, toujours est-il que c’est la première fois en Afrique que l’on voyait une famille où seul le père s’occupait des enfants. Il est 13H quand nous attaquons notre troisième repas de la journée. Om mange le manioc (féculent que je mettrai entre la pomme de terre et le iam) avec l’huile de palmier. C’est très bon. Nous achetons d’ailleurs un litre de cette huile pour faire nos futures préparations.
Jacques nous emmène prendre un pot dans la buvette tenue par sa belle famille. Toujours pas de trace de sa femme…L’occasion de goûter à la bière locale, La Béninoise, dont on avait si souvent vu la pub le long des routes « Si vous aimez le Bénin, alors il faut boire. La Béninoise »…Rien d’exceptionnel. Nous partons ensuite visiter l’installation de Jacques pour faire l’alcool de palme. Il achète à l’Etat les palmiers qui sont trop vieux pour faire l’huile, il les abat et en retire un premier jus, qui devient au bout de 15 jours le vin de palme, un liquide légèrement alcoolisé et sucré. Il peut ensuite distiller ce vin (en le faisant bouillir, il récupère un liquide en faisant passer les vapeurs dans un tube qui passe dans l’eau froide), qui devient l’alcool de palme, un alcool blanc et très fort. Nous assistons à la spectaculaire scène de l’abattage d’un palmier. On les coupe vers l’âge de 35 ans, ils font environ15 mètres de haut. L’abatteur gagne 500 Frcs CFA (0, 8€), pour 1H30 de travail pour couper les racines de l’arbre et le faire vaciller.
Nous quittons Jacques après avoir difficilement récupéré notre lampe. Ils nous fait un peu tourner, en prétextant l’avoir oublié dans sa distillerie, puis chez lui. Il est adorable avec nous, mais c’est un filou, qui était bien attaché à notre frontale. Nous reprenons la route et nous installons quelques dizaines de kilomètres plus loin. Nous dormirons encore entre les ananas ce soir.



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